Pas de dispute dans mon party!

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C’est connu: les fêtes sont une période de stress, de fatigue et de grande émotivité. Par conséquent, il suffit de peu – un p’tit verre de trop, un sujet chaud ou une parole provocante – pour allumer l’étincelle qui fera déraper la rencontre en moins de deux, et plus vite encore s’il existe déjà des tensions entre quelques personnes.

Difficile de rester de glace lorsque la chicane éclate entre des proches qu’on aime. Les émotions affluent illico: angoisse, tristesse, exaspération, colère. S’ajoute au malaise le fait de ne pas savoir s’il faut intervenir ou non.

Mais ne renoncez pas à la célébration pour autant. Il est possible d’aborder la situation plus sereinement en vous y préparant dès maintenant. Ainsi, vous serez en mesure de mieux maîtriser vos émotions et de prendre les bonnes décisions au moment opportun. L’approche sera toutefois différente selon que vous êtes l’hôte ou l’invité.

Vous recevez


C’est clair: vous ne pouvez pas vous défiler en cas de prise de bec entre deux invités, ni quitter la fête si le réveillon devient houleux. Alors, comment faire pour qu’elle ne se termine pas en catastrophe? En étant reposé, organisé et prévoyant.

«Une fête harmonieuse, c’est quelque chose qui se prépare à l’avance, au même titre que le menu et les cadeaux, affirme la psychologue Micheline Dubé. Quand on est fatigué et débordé par les nombreuses tâches à accomplir, on n’est pas en mesure d’intervenir adéquatement si une situation devient explosive. On a donc intérêt à prévoir des plages de repos et de bonnes nuits de sommeil les jours précédant Noël, tout comme à réduire les préparatifs au minimum durant le réveillon pour être le plus possible avec nos invités. On pourra alors désamorcer les conflits dès qu’ils se présentent, et non en fin d’escalade.»

Ne faites surtout pas l’erreur de nier le problème ou de croire que ce Noël sera différent des autres. Si certains ont la manie de laver leur linge sale en public ou de tenir des propos désobligeants, ils ne changeront pas tout d’un coup. Mieux vaut vous faire à l’idée et prendre les choses en main rapidement.

«C’est à celui qui reçoit de voir au bon déroulement de la fête et d’intervenir en cas de confrontations ou de propos inadéquats, jamais aux invités, rappelle Micheline Dubé. Mais le mieux, c’est encore de prévenir. Je suggère donc de penser à un plan d’intervention. L’hôte expérimenté connaît généralement celui ou celle dont le comportement risque de gâcher la fête. Au moment des invitations par exemple, il s’agit d’avoir une franche discussion avec la personne concernée. On peut lui expliquer qu’on aime la recevoir, mais qu’on connaît sa facilité à s’emballer. Ce qu’on désire, c’est une fête agréable pour tous. Par conséquent, si elle ne réussit pas à mettre son antipathie de côté et qu’elle dépasse les limites acceptables, on pourrait bien lui demander de quitter les lieux. Et on lui propose de chercher un jour avec elle des solutions à son problème. Puis on met le conjoint ou la conjointe dans le coup au moment d’établir nos limites.»

Évidemment, si vous connaissez l’élément déclencheur, vous pouvez tenter de l’éliminer ou, du moins, d’atténuer ses effets. L’alcool est en cause? Servez le repas tôt en soirée, ou mieux, recevez le midi. «L’abus d’alcool est responsable de la grande majorité des chicanes, précise le psychologue Pierre Faubert. Et c’est en fin de soirée que les choses dégénèrent le plus souvent, alors que les gens sont plus qu’éméchés. Une simple divergence d’opinions ou un mot mal choisi suffit alors à lancer les hostilités.» Autre stratégie: espacez les consommations et invitez celui qui boit trop à partager différentes tâches, comme s’occuper de la musique, distribuer les cadeaux ou préparer le café.

Certains sujets (politique, religion, argent, etc.) risquent d’envenimer l’atmosphère? Dites à vos invités que vous comptez sur eux pour ne pas les aborder afin de préserver l’esprit des fêtes. En cas d’oubli, dites simplement d’un ton joyeux que ce n’est pas ce soir qu’on réglera la question. Puis enchaînez rapidement sur un sujet plus léger.

Autre truc pour réduire le risque de disputes: éliminer les temps morts grâce à des jeux et de la danse, par exemple. Deux invités ne peuvent se sentir? Installez-les à bonne distance l’un de l’autre à table, puis tentez par la suite de les occuper chacun de leur côté.

Malgré votre prévoyance, un des invités critique tout un chacun? Frère et sœur ramènent leurs vieilles rancunes sur le tapis? Respirez par le nez, ce qui pourrait vous éviter de prononcer des paroles regrettables. Puis intervenez avant que la situation soit hors de contrôle.

«Si deux personnes s’affrontent, mieux vaut les rencontrer individuellement, souligne Pierre Faubert. On propose à celui qui a mis le feu aux poudres des moyens de faire une trêve pour le reste de la soirée, en lui expliquant que son attitude embarrasse les autres invités et que la maison est un lieu de festivités, pas de discorde. Si le manège recommence, on lance un ultimatum: ou la personne cesse de boire ou d’être désagréable, ou elle part.» Et on voit bien sûr à ce que celle qui a trop bu soit ramenée chez elle par un invité à jeun, un taxi ou encore Nez Rouge.


Votre seule obligation est de profiter de la fête et de vous amuser. Donc, à moins d’être en couple avec l’un des protagonistes d’une forte discussion, ne sautez pas dans la mêlée. En prenant position, vous inciteriez les autres à prendre également parti, ce qui risque de jeter de l’huile sur le feu et, peut-être même, de provoquer une guerre de clans. En acceptant plutôt que la responsabilité de régler le conflit appartienne aux hôtes, vous diminuerez forcément votre degré de stress. Déjà pas mal.

Évidemment, cela ne vous empêchera peut-être pas de ressentir de la tristesse ou même de l’irritation si le party tourne mal. Après tout, il s’agit de vos proches. La bonne idée, selon Pierre Faubert: vous éclipser discrètement. Changez de pièce ou allez marcher à l’extérieur le temps de laisser descendre la pression. Si le conflit s’étire et vous ennuie, vous pouvez, en accord avec votre partenaire, quitter la fête en expliquant aux hôtes la raison de votre départ. Personne ne vous en tiendra rigueur.

Surprise! Le lendemain, un de vos proches vous accuse de ne pas avoir pris son parti. Micheline Dubé conseille de répondre qu’il a raison, mais que vous ne vouliez pas créer une escalade et que, de plus, vous êtes en désaccord avec l’attitude des personnes en cause, peu importe qui a provoqué l’autre. C’était une soirée de réjouissance, après tout.

La perspective d’un autre souper de Noël désagréable vous déplaît vraiment trop? Il est peut-être temps d’essayer d’autres façons de fêter. Par exemple, rien ne vous empêche de filer droit vers le Sud pour fêter Noël sous les tropiques. À votre retour, proposez une rencontre avec ceux dont vous vous sentez le plus proche.

Autre solution: optez pour l’intimité d’une fête avec conjoint et enfants ou quelques amis, quitte à déplaire à certains. Laissez simplement savoir à vos proches que vous trouvez trop difficile de voir les tensions familiales prendre autant de place. Tout sera dit.

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