Grandes entrevues Le Bel Âge: Louis Garneau

Grandes entrevues Le Bel Âge: Louis Garneau

Louise Bilodeau

Avec son équipe de jeunes designers, il conçoit et fabrique des vêtements et des articles de sport qui accumulent les trophées d’excellence. Cela le rend-il heureux pour autant? Au-delà de la réussite en affaires, qu’est-ce qui fait encore courir Louis Garneau?

La naissance d’un artiste 

À l’âge de 12 ans, le petit Louis n’a rien d’un athlète : il est maigrichon et n’en impose guère avec son «frame de chat». Puis ses résultats scolaires sont peu reluisants. Ses parents lui font suivre des cours particuliers, car le jeune adolescent n’arrive pas à se concentrer à l’école. On estimerait aujourd’hui qu’il souffre d’un déficit d’attention, mais à l’époque on le disait «dans la lune». En fait, Louis a une passion: les arts. C’est le seul domaine qui l’allume. Quand son professeur, le père Tougas, téléphone à sa mère pour lui conseiller d’orienter Louis vers les arts plastiques, celle-ci se gratte la tête, comme chaque fois qu’elle est perplexe. «Ma mère était une femme qui avait été élevée dans une ferme de la Beauce, raconte Louis Garneau. Le gros bon sens lui indiquait que son garçon ne pourrait jamais subvenir à ses besoins en vendant des tableaux dans la rue du Trésor. Pour elle, les arts sont un passe-temps agréable, pas une façon de gagner sa vie.» 

Le père de Louis, policier de métier, ne s’en mêle pas trop, laissant à sa femme les soucis d’éducation des enfants. Inscrit au cégep, Louis décide de s’orienter vers le droit criminel, une façon de suivre les traces de papa, mais avec un plus. Très tôt, l’étudiant se convainc que les matières traditionnelles ne sont pas pour lui. «Que voulez-vous, ma tête voyage partout. Je suis dans mille projets en même temps. Certains peuvent croire que je suis un malade hyperactif, mais c’est ma créativité qui explose, explique-t-il. J’ai de la difficulté à me concentrer, à moins que le sujet ne soit excessivement intéressant. Et les arts m’intéressent beaucoup.» 

Louis Garneau remplace donc les mathématiques par des cours de peinture et de sculpture, puis le voilà plus tard en arts plastiques à l’Université Laval, la période scolaire la plus heureuse de sa vie. «J’ai fait mon coming out artistique à ma mère, dit-il. Elle s’est gratté la tête et s’est résignée, me faisant confiance, car elle savait à quel point je suis persévérant dans ce que j’entreprends.»



Pages :

2

Commentaires

Un Québécois remarquable!

Quel homme remarquable que ce M. Louis Garneau! Non seulement est-il un grand entrepreneur dont nous pouvons être très fiers, mais également un homme de principes et de valeurs religieuses dont il s'enorgueillit! À lire et à relire! Merci M. Toutant de nous l'avoir fait mieux connaître!

Ces gens sont des modèles

Ces gens sont des modèles .Magnifique il en faut plu plus. Merci