Grandes entrevues Le Bel Âge: Catherine Major et sa mère

Grandes entrevues Le Bel Âge: Catherine Major et sa mère

Martin Laprise

Une inventivité exceptionnelle

Alors non, on ne trouve pas l’interprète au détour d’une chansonnette. Loin d’elle, les rengaines. Son public, majoritairement composé de fans dans la quarantaine, attend d’elle ce qu’on pouvait attendre d’une Barbara, «la pianiste chantante». Que les textes soient écrits par elle-même, par Jacinthe, par Moran – son conjoint, père de ses filles – ou encore, à une occasion, par le désarçonnant Christian Mistral, tous exigent un effort de notre part, et c’est ce qu’elle veut. «Mes chansons sont finalement très simples, mais je n’offre pas de “prémâché”.» De plus, son inventivité exceptionnelle, Catherine l’applique à des musiques de films qu’elle compose. En ce qui a trait à la musique, justement, le classique est là pour durer, et l’expérience vécue avec l’Orchestre symphonique de Québec lui a donné l’envie de faire appel à une telle formation pour son prochain album. On le lui souhaite et on se le souhaite.

Jacinthe rappelle à Catherine, qui l’avait oublié, que petite, elle avait donné un nom à son piano: il s’appelait Chocolat. Son piano! «Quand j’en joue, il faut qu’il se fasse brasser!» En spectacle, c’est un fait qu’elle ne l’épargne guère. (Là encore, on pense à Barbara.) Sa mère a une réflexion touchante et fort belle relativement à Catherine et à son instrument: «Tu prends ton piano comme tu le ferais d’un enfant ou même d’un amoureux.» C’est vrai. Chanter, jouer et bouger sont indissociables pour l’artiste. Sa relation au piano revêt une sorte de sensualité qui n’est guère coutumière et qu’on aime. Là encore, les deux femmes sont proches, ça se voit, ça se perçoit, on les sent prêtes à la confidence. 



Pages :