Les enfants quittent la maison

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La maison paraît grande… Après le tourbillon du déménagement, le calme... Fini les allées et venues, les coups de fil, les souliers dans l’escalier, les «qu’est-ce qu’on mange ?», les discussions… On avait oublié qu’une maison peut rester propre, qu’un frigo ne se vide pas toujours en un éclair ! Tout est si tranquille que l’on peut se sentir en suspens. Déjà la ménopause avait sonné le glas de la fertilité, voilà que le rideau tombe sur notre cocon. Bien sûr, on reste mère, mais on ne sera plus jamais maman comme avant. Changement de rôle, changement de registre: on est en transition.

Le syndrome du nid vide

Même si l’on savait que les enfants s’en iraient un jour, même si l’on a un jour rêvé de leur départ, cette coupure annonce le début d’une étape. «On peut se sentir déboussolée, surtout si notre vie a tourné autour des enfants», remarque Marie-Ange Pongis-Khandjian, psychologue à l’hôpital Saint-François d’Assise à Québec.

Monique s’est surprise à tourner en rond pendant des jours. «J’étais comme une chatte qui cherche ses petits», se souvient-elle. Pendant un moment, elle a senti ce qu’était le syndrome du nid vide, cet état de désolation qui peut conduire jusqu’à la dépression. Comme la plupart des femmes, Monique s’est ajustée à la situation.

À une époque où les enfants quittent la maison de plus en plus tard — près de 25% des gars et 13% des filles de 25 à 29 ans habitent chez leurs parents — et où les parents travaillent de plus en plus, existe-t-il encore, ce syndrome du nid vide? N’est-on pas plutôt soulagée de voir partir nos grands enfants? «On peut être triste à mourir et soulagé en même temps, dit la psychologue. Les êtres humains sont complexes et éprouvent des sentiments contradictoires.»

De plus, ce départ peut accentuer le malaise associé au mitan de la vie. «C’est une période où les femmes vivent différents types de problèmes, grands et petits: épuisement professionnel, problèmes avec les parents âgés, séparation, divorce…», note Lilia Goldfarb, animatrice du programme Mouvance et Mitan du Y des femmes de Montréal. Plusieurs en viennent à se demander ce qu’elles feront du reste de leur vie. «Au fil des ans, les femmes ont mis de côté leurs rêves et leurs besoins, poursuit l’animatrice. Vient un moment où elles ne savent plus ni ce qu’elles veulent ni qui elles sont, un moment où elles n’osent plus rêver.»



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Commentaires

mes deux enfants ont quité la maison

Je suis perdue, je ne trouve rien à faire, bien que je travaille. Le silence me pèse beaucoup. Mon mari n'est pas trop bavard. Je me cherche, et il faut que je trouve quoi faire, sinon je deviens folle. Mon fils est a Seattle, ma fille à Montréal, mais ne vient pas tous les jours.