Rencontre: Sylvie Bernier, une femme en or

Rencontre: Sylvie Bernier, une femme en or

Photo: Courtoisie

Parmi les commentateurs sur place, une femme pas comme les autres: Sylvie Bernier, seule médaillée d’or en plongeon du Canada et première médaillée d’or tout court du Québec. Plutôt que de se reposer sur ses lauriers depuis, cette sportive exceptionnelle s’est lancé un nouveau défi: promouvoir de saines habitudes de vie. Et visiblement, ça lui réussit! 

Il y a quarante ans cet été, Montréal accueillait les Olympiques. Toute la planète avait alors suivi les exploits de la jeune gymnaste roumaine Nadia Comaneci, qui obtint la note parfaite. Le 27 juillet, lors de la finale du plongeon féminin du tremplin de 9 mètres, l’Américaine Jennifer Chandler gagnait aussi une médaille d’or sous les applaudissements de la foule. Ce jour-là, Sylvie Bernier, 12 ans, est assise dans les estrades avec ses parents. Émerveillée par le rituel de l’épreuve et de la remise des médailles, l’adolescente se tourne vers sa mère: «C’est ça que je veux faire!» Huit ans plus tard, Sylvie deviendra la première Canadienne à remporter l’or en plongeon, un exploit jamais égalé depuis. Et dire que tout a commencé par un médecin perspicace…

Nager pour guérir

Sylvie Bernier a grandi à Sainte-Foy dans une famille de cinq enfants. Elle a 7 ans lorsqu’un médecin annonce à ses parents qu’elle souffre d’asthme sévère. À cette époque, on conseillait aux asthmatiques de bouger le moins possible pour éviter de déclencher des crises. Mais le médecin en question, le docteur Montmigny, a une autre théorie: selon lui, il faut au contraire faire beaucoup d’exercice, chaque jour, pour renforcer ses capacités pulmonaires. Sylvie devient donc nageuse, puis plongeuse. «Cet homme m’a sauvée. Non seulement le plongeon a guéri mon asthme, mais j’y ai découvert la passion de ma vie. Quand je suis revenue de Los Angeles avec ma médaille d’or, la première personne qui m’a accueillie à ma descente de l’avion, c’était lui.»

En gagnant auparavant la médaille d’or des Jeux du Québec à Chicoutimi, Sylvie avait réalisé qu’un entraînement régulier et une alimentation saine avaient des conséquences directes sur ses performances. La jeune femme en fera un style de vie, qu’elle maintient toujours maintenant, à 52 ans. «Quand j’étais jeune, la formation d’athlètes de haut niveau n’existait pas au Québec. J’ai dû apprendre sur le tas. En 1982, j’étais la huitième meilleure plongeuse au monde, mais il a fallu que je m’exile à Montréal pour devenir une championne olympique. Ce fut difficile de quitter mes amis et ma famille pour venir me perfectionner, seule, avec l’entraîneur Donald Dion. Mais je savais que la réussite était à ce prix!»

Aucun regret par contre au souvenir de ces années d’adolescence passées dans une piscine et non sur les pistes de danse. «C’est un autre monde... Je voyageais dans des pays étrangers, je fréquentais d’autres athlètes de haut niveau et je vivais l’excitation des compétitions internationales. Quand j’ai eu un copain, c’était un nageur de l’équipe nationale de water-polo. L’élite sportive vit pas mal en vase clos.»

 



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Commentaires

Sylvie Bernier, un modèle à suivre! Merci

Votre article est d'intérêt public car mme Sylvie Bernier est un modèle à suivre.

Super

Quelle belle expérience de vie