Les effets de l'exercice sur le cerveau

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L’exercice et la formation de nouvelles cellules nerveuses

L’un des effets les plus spectaculaires de l’exercice: il agirait sur la structure même du cerveau en favorisant la formation de nouvelles cellules nerveuses (neurones) ainsi que de nouvelles interconnexions entre ces cellules. Ce sont là les conclusions d’études sur des souris menées aux États-Unis, au Howard Hughes Medical Institute. Les chercheurs ont aussi observé que le cerveau des souris entraînées avait 2,5 fois plus de cellules nerveuses que celui des souris sédentaires.
 
Ces changements neurologiques pourraient améliorer la mémoire à court et à long terme. Les chercheurs ignorent pour le moment si l’exercice provoque cette «fabrication de neurones» chez l’humain. Néanmoins, il semble que l’exercice retarde l’atrophie du tissu cérébral que l’on note chez les personnes très âgées.
 
Ainsi, grâce à la résonance magnétique, des chercheurs ont pu étudier le cerveau de 55 volontaires âgés de 56 à 79 ans. Leurs conclusions, publiées dans la revue médicale Journal of Gerontology: Medical Sciences, sont stupéfiantes: le cerveau des gens physiquement actifs avait perdu beaucoup moins de matière grise et blanche que celui des personnes qui faisaient peu d’exercice. La matière grise abrite les neurones, des cellules indispensables pour l’apprentissage et la mémoire, tandis que la matière blanche se compare à un gigantesque réseau Internet muni de milliards d’interconnexions qui acheminent des signaux à travers le cerveau.
 
Selon une étude menée auprès de 6000 femmes de plus de 65 ans suivies pendant 8 ans, les plus actives physiquement étaient celles dont les fonctions cognitives étaient les moins altérées. En revanche, les performances intellectuelles des femmes les moins actives physiquement avaient notablement diminué.
 
Les auteurs ont mis aussi en évidence une relation dose-effet: plus les femmes étaient actives physiquement, moins elles couraient de risques de présenter une détérioration de leurs fonctions cognitives à la fin du suivi.

Selon plusieurs chercheurs, cet effet de l’exercice sur les fonctions cognitives pourrait résulter, du moins en partie, de l’augmentation du débit sanguin dans le cerveau et, par le fait même, d’un apport accru en oxygène frais et en éléments nutritifs. Si cet exercice se répète plusieurs fois par semaine, on peut conclure que le cerveau est bien irrigué. Cet afflux de sang pourrait aussi favoriser la formation de nouveaux vaisseaux sanguins et, par conséquent, la formation de nouveaux neurones.
 
Une autre hypothèse retenue par les chercheurs concerne le taux de sucre dans le sang (glycémie). On sait qu’une glycémie élevée et non contrôlée, comme chez les personnes prédiabétiques, réduit l’apport en glucose dans les cellules. Or, le cerveau est un grand consommateur de glucose. S’il en est privé le moindrement, il peut s’ensuivre une perte de matière grise et blanche. L’exercice favorise le maintien d’une glycémie optimale (on dit qu’il a un effet antidiabète).



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