Exercice et bienfaits sur le cerveau

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Hommes et femmes en sortent gagnants

Les souris, une nouvelle preuve

L’exercice ne freine pas seulement le vieillissement du cerveau, il transforme aussi sur sa structure et ce, à tout âge. C’est ce que montrent les études sur les souris et les singes soumis à un entraînement intensif. Au terme d’un tel entraînement, le cerveau des souris entraînées avait 2,5 fois plus de cellules nerveuses que celui des souris sédentaires. Les nouvelles cellules sont apparues dans l’hippocampe, une région du cerveau associée à la mémoire à court et à long terme et, malheureusement aussi, à l’apparition de la maladie d’Alzheimer chez l’humain. Ces résultats ont étonné la communauté scientifique: elle avait longtemps cru que le nombre de neurones était déterminé à la naissance et ne pouvait que diminuer avec le temps. Les chercheurs ont également observé que les connexions entre les cellules avaient augmenté de façon significative. Bref, le cerveau des souris entraînées héritait de plus de matière grise et blanche.

Avec un cerveau désormais plus riche en neurones et en vaisseaux sanguins, les souris entraînées sont-elles devenues plus intelligentes pour autant? Les chercheurs l’ignorent, mais ils savent que le cerveau de ces animaux est devenu plus alerte et plus efficace. Ainsi, les souris entraînées trouvaient plus rapidement leur chemin dans le test du labyrinthe que les autres souris.

Hommes et femmes aussi en sortent gagnants

Le cerveau humain profite à son tour de l’effet stimulant de l’exercice. Ainsi, au terme d’un entraînement cardiovasculaire de 6 mois, 34 hommes ayant participé à une étude publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences ont amélioré de 11%, en moyenne, leurs résultats à des tests d’habiletés mentales. Une autre étude menée auprès de 6 000 femmes de plus de 65 ans et suivies pendant huit ans révèle que celles dont les fonctions cognitives étaient les moins altérées étaient les plus actives physiquement. À l’inverse, les performances intellectuelles des femmes qui étaient les moins actives physiquement avaient diminué. Les auteurs ont mis aussi en évidence une relation « dose-effet »: plus les femmes étaient actives physiquement, moins elles risquaient de présenter une détérioration de leurs fonctions cognitives à la fin du suivi de huit ans. Rappelons que les fonctions cognitives englobent notamment l’attention, la mémoire et le raisonnement.

Plusieurs facteurs expliqueraient l’amélioration des fonctions cognitives. On note par exemple l’augmentation marquée de la circulation sanguine dans le cerveau à la suite d’un exercice aérobique. Cet afflux de sang, parfois supérieur à 30%, apporte son lot d’oxygène et d’éléments nutritifs dans le tissu cérébral. On sait, au contraire, qu’une réduction de la circulation sanguine dans le cerveau due à l’athérosclérose (obstruction des vaisseaux sanguins) entraîne un certain déclin des facultés mentales. Un autre facteur serait la présence accrue dans le cerveau entraîné d’une molécule – le facteur neurotrophique BDNF – qui améliore la communication entre les neurones tout en renforçant ces derniers. En fait, ces facteurs pourraient bien expliquer à leur tour, à tout le moins en partie, le faible risque de développer la maladie d’Alzheimer qu’on observe chez les personnes actives physiquement depuis longtemps.



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