Du sport pour un cerveau au top

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Bon pour le cardio, la respiration, la posture, la force musculaire, la résistance, l’équilibre, la tension artérielle… On n’a pas assez d’une main pour compter tous ses bienfaits! Mais il n’y a pas que le corps qui en profite. De plus en plus d’études démontrent que l’activité physique est également championne pour la santé du cerveau. D’où ces questions posées au neuropsychologue Louis Bherer*, qui s’intéresse entre autres à l’impact de la condition physique sur les fonctions cognitives des aînés, histoire de faire le point sur l’état actuel des recherches dans ce domaine.

Quels sont les principaux bienfaits de l’exercice pour le cerveau? «Des études menées pendant des années auprès de groupes de gens démontrent que les plus actifs d’entre eux offrent de meilleures performances cognitives et ont de 20 à 30 % moins de risques de développer une maladie cognitive, comme la démence. Même chose lorsqu’on soumet des personnes sédentaires à un programme d’exercices pendant trois à quatre mois: on note chez elles une amélioration des performances cognitives (mémoire générale, verbale et spatiale, niveau d’attention, réflexes). L’exercice bénéficie également aux régions sensibles au vieillissement et à la démence, dont l’hippocampe, responsable de la mémoire.»

Quel est le minimum de temps qu’on devrait consacrer chaque jour à l’activité physique pour en constater les bienfaits? «Aucune étude ne nous a donné de réponse précise. On sait toutefois que les gens qui s’activent de 10 à 15 minutes par jour – soit en marchant, en s’entraînant ou en dansant – constatent des améliorations de leurs fonctions cognitives.»

Peut-il être trop tard, dans certains cas, pour se mettre à l’exercice? «Pas du tout! Nous avons réalisé des études auprès de personnes âgées de 72 à 75 ans qui n’avaient jamais fait de sport. Malgré cela, nous avons constaté des bénéfices chez eux. Il n’y a donc pas de limites en matière d’âge et de capacité. L’important, c’est de se soumettre au préalable à une évaluation médicale, surtout si on souffre d’une maladie – hypertension, maladie chronique ou autre – pour se faire prescrire, dans ce cas, un programme d’exercices individualisé.»

* Louis Bherer est professeur titulaire au Département de médecine de l’Université de Montréal et chercheur titulaire de la chaire de recherche Mirella et Lino Saputo en santé cardiovasculaire et prévention des troubles cognitifs à l’Institut de cardiologie de Montréal. Il est également chercheur au Centre de recherche de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal.