Treize à table

Billet Aline Pinxteren décembre 2015

Laurence Labat; maquillage-coiffure: Sylvy Plourde.

Ce convive avec qui il faudra composer selon ses superstitions personnelles, qu’on gardera finalement à souper avec le sourire ou qu’on tassera sur une chaise le plus loin possible en croisant fort les doigts contre le sort.

Pour moi, cette année aux Fêtes, le treizième sera mon père, disparu quelques jours après un dernier Noël ensemble. Mais cela a déjà été, auparavant, un frère parti faire le tour de l’Amérique du Sud ou une tante qu’une brouille a écartée. Amis, amours, enfants, qu’ils habitent à trop grande distance, qu’ils nous aient quittés ou qu’on soit en froid, il est des absents si présents qu’on les sent presque assis près de nous. Un bon mot nous fait rire? On sait qu’ils souriraient, complices. Un tout-petit vient se blottir dans nos bras, épuisé par la veillée? On a l’impression qu’ils observent la scène, attendris. Une décoration que l’on ajuste sur le sapin, une chanson fredonnée, une odeur de cannelle ou de tourte, et d’un coup reviennent tant de souvenirs ensemble... 

Avec un treizième à table, on n’est jamais seul, même isolé, même dans un autre coin de pays, même dans une autre vie. À certains moments de l’existence, la période des Fêtes se fait aussi magique que douloureuse. Mais tout dépend de la façon dont on décide de l’aborder. J’ai choisi cette fois de voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. Au réveillon, il y aura ma mère, mes frères, mon chum, mes fils... et mon père. Comme une main légère sur l’épaule, un souffle de baiser sur la joue, un doux regard sur la famille rassemblée. On discutera, on savourera, ce sera chaleureux, apaisé et forcément heureux puisqu’il sera là. Une phrase m’a sauté aux yeux tantôt sur Facebook, juste avant de vous écrire: «Quand quelqu’un nous manque vraiment, c’est juste notre coeur qui nous fait signe, pour nous rappeler combien on l’aime.» Ce fil d’amour-là, rien ne le dénoue, il est plus fort que tout. 

Bienvenue dans ce douillet mois de décembre, parenthèse enchantée qu’on peut décider de s’offrir comme un cadeau! 

Aline Pinxteren, rédactrice en chef

aline.pinxteren@bayardcanada.com



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Commentaires

Treize à table

C'est curieux que votre billet sorte justement aujourd'hui, car ma cousine (comme une soeur pour moi) est décédée hier, et à Noël, ce sera celle qui sera alors la treizième et à qui je penserai à défaut de ne plus pouvoir l'appeler. Ce sera alors le coeur qui parlera. Ce ne sera pas triste.

Je pense fort à vous, Diane,

Je pense fort à vous, Diane, courage dans votre deuil... Si mon billet est tombé à un moment où vous en aviez besoin, j'en suis heureuse. 

Vox voeux

Merci..... c'est gentil à vous .....

La treizième...

Partie trop tôt (à 50 ans, 4 mois et 5 jours), ma petite maman est toujours 'présente'...
213 est le nombre qui nous relie tous ensemble (ses enfants et petits-enfants)...
D'abord, elle habitait au 213, rue Taillon, St-Basile-le-Grand, puis elle nous a quittés le 21 mars (21/3).
La treizième n'a jamais été aussi présente que dans son absence.