L'union fait la force

L'union fait la force

Laurence Labat; maquillage-coiffure: Sylvy Plourde.

Il faut dire qu’une question me trottait dans la tête depuis que les décorations de Noël ont fait leur apparition dans les magasins: que faut-il vraiment pour qu’un party soit mémorable? Plusieurs ont d’abord hésité à raconter leur plus beau souvenir de fête, le premier qui leur venait à l’esprit leur semblant trop banal pour figurer dans notre magazine. Mais pourquoi les belles choses devraient-elles toujours être spectaculaires?

Lorsque Louise se rappelle la victoire de son fils footballeur à la Coupe Grey, ce n’est pas d’une loge VIP au stade, entre bulles et bouchées. Non, c’est dans le salon de sa soeur que la famille au grand complet a suivi la game, sur le qui-vive jusqu’à la délivrance en prolongation. Cris, sauts de joie, et ses parents de 80 ans dansant comme elle ne les avait jamais vus danser!

Pascale, elle, n’a pas oublié la surprise de son chum qui, pour ses 40 ans, avait invité tous ses proches dans leur nouvelle maison. Ni Francine, la fête qu’elle avait organisée pour les 50 ans de son Alain, personnalisant pour lui la toune Dégénérations de Mes Aïeux. Tous leurs amis avaient préparé des anecdotes sur lui, partagées ce soir-là dans des éclats de rire et d’émotion. Le meilleur party à vie de Louisa? Ses 50 ans également.

Un souper chez elle, en famille, où chacun avait apporté de la bonne bouffe classique, du fish & chips, des sandwichs... Puis on a tassé la table et les chaises dans la salle à manger, le beau-frère s’est improvisé DJ, les plus âgés se sont mis à danser, et les jeunes ont embarqué, faisant littéralement vibrer le plancher! Deux ans plus tard, une déco de la soirée reste toujours accrochée sur son mur, pour se sentir encore un peu dans l’ambiance, c’est dire! Garder une trace, c’est aussi ce que fait Anne-Marie, qui vient de commencer, avec le tout premier anniversaire de son fils, une tradition qu’elle compte bien répéter chaque année: garnir son gâteau de chandelles à son effigie, en y collant de petites photos de lui. Une jolie façon de marquer le passage du temps et de se remémorer les bons moments quand il sera grand.

Noël n’a pas non plus forcément besoin de flafla. Évelyne se souvient d’un réveillon particulièrement heureux il y a tout juste vingt ans. Ses parents fermaient définitivement leur épicerie le jour même pour prendre leur retraite quand sa belle-soeur a accouché. Rassemblement en catastrophe à l’hôpital autour du nouveau-né... puis festin improvisé dans la foulée: personne n’avait eu le temps de rien préparer, les stocks de cannes restants de l’épicerie ont donc fait (très bien) la job! Et les fils de Marie-Claude parlent encore de cet instant où le père Noël a surgi en grosses bottes du fond des bois, au chalet, pour déposer son sac au pied du foyer extérieur et distribuer ses présents aux petits comme aux grands. Leur grand-mère adorait mettre ainsi de la magie dans les réunions de famille.

Même art de ménager ses effets chez le grand-père d’Élise. Notre collègue vivait un Noël un peu plate. Tant l’échange de cadeaux que le repas s’étaient moyennement bien déroulés... jusqu’à ce que celui-ci, disparu depuis un bon deux heures, surgisse d’un coup pour les envoyer dehors. Avec son gros tracteur, il avait pelleté la neige du terrain au complet, bâtissant une glissade géante, que tous ont dévalée jusque minuit passé!

Finalement, n’est-ce pas ces partages qui nous restent en tête? Quand la mère de Shamira est partie vivre en ville avec ses six enfants pour leur scolarité, son père est resté travailler au village, et l’argent n’était pas toujours au rendez-vous. Pour les 13 ans de son frère aîné, la barre Mars que sa maman avait réussi à se procurer fut coupée en sept morceaux égaux. Réunis autour de la table, ensemble, ils ont chacun savouré leur bouchée. Pouvoir garder au fond de soi la mémoire de moments comme ceux-là, mais aussi pouvoir les ressortir pour qu’ils nous réchauffent quand le coeur est moins à la fête, c’est une force. Et un cadeau précieux que je nous souhaite à tous.

Joyeuses Fêtes!

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Aline Pinxteren, rédactrice en chef

aline.pinxteren@lebelage.ca