Liberté 51

Liberté 51

Laurence Labat; maquillage-coiffure: Sylvy Plourde.

En justaucorps, jambes nues, dans les rues de Paris, moulée dans de folles tenues au premier rang des défilés, s’autorisant toutes les audaces visuelles dans les pages des plus grands magazines de mode, le corps affiné et plus musclé que jamais par des heures intenses de ballet… Certains se demandaient s’ils n’avaient pas perdu «leur» Céline depuis que le destin lui a repris René. Les confidences de la plus connue des Québécoises lors du lancement média de sa tournée ont dû les rassurer. Et sonner des cloches chez bien des veufs ou des gens séparés. Se retrouver sans l’être avec qui on a tant partagé durant des années remet forcément en question son identité. Comment se définit-on quand l’autre n’est plus à nos côtés? On ne devient pas une nouvelle personne, mais, comme le racontait la chanteuse aux journalistes, on doit réapprendre à s’exprimer au singulier, en son nom propre. 

Céline Dion ferait n’importe quoi depuis que son mentor n’est plus là pour lui dire comment agir? Allons donc! On parle quand même ici d’une petite fille de Charlemagne consacrant des milliers d’heures de travail à devenir une star mondiale, puis des milliers d’heures à le rester. Une carrière unique, sans un faux pas, sans oublier ses origines, sans jamais se perdre en chemin. Si, dans son comportement présent, elle continuait plutôt simplement à faire preuve de cette détermination unique? En l’écoutant parler, on a en effet l’impression que ce qui a surtout changé pour elle, c’est d’avoir atteint la cinquantaine. Et la teneur de son message, là aussi, résonnera pour plusieurs, qu’on soit fan ou non: «Au fil des années, j’ai appris, puis j’ai écouté, j’ai exécuté, ensuite j’ai été inspirée, j’ai pris du plaisir et maintenant, je suis arrivée à l’âge où je me sens en pleine possession de mes rêves et de ma vie.»

Comme un écho, notre sujet psycho de ce numéro traite du fait de prendre sa place. «S’affirmer, c’est exister!» souligne une des expertes consultées. En se débarrassant de la peur de déplaire (on ne plaira de toute façon jamais à tout le monde), en ayant le courage de dire non, en communiquant ses envies et en s’assumant, on devient capable d’apporter davantage aux autres et de recevoir plus d’eux.

À 51 ans, Céline avoue justement s’assumer pleinement, se sentir totalement elle-même, maître de soi comme jamais elle ne l’aurait été il y a 20 ans. À travers elle, on sent cette force éminemment libératrice de n’avoir plus rien à prouver à personne, aucun compte à rendre, de s’être cherchée et d’avoir appris à aimer ce qu’on a trouvé, une authenticité qui ne met plus ni de gants ni de filtres. L’après-cinquante enfin associé à l’énergie, au plaisir, à l’envie et à la liberté, c’est tellement inspirant, à 20 ans comme à 80! Le meilleur est toujours à venir, qu’on se le dise!

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