Les leçons de ma mère

C’est ainsi que je me souviens de ma mère, mystérieuse et lointaine. Elle comptait peu aux yeux du monde, mais pour moi, elle était tout. 

Elle est le personnage central de ma vie, le coeur autour duquel mon monde a pris forme, le terreau dans lequel plongent mes racines. Elle s’est battue contre la maladie. Le cancer a finalement pris le dessus sur sa vie. Elle a compris un jour que la fin approchait. Elle a fait sa valise, en silence, sans se plaindre, demandant à notre père de continuer à veiller sur nous. 

C’était en 1967. Aussi bien dire une éternité ! Et pourtant, pas une journée ne s’écoule sans que je pense à elle. Et même quand je n’y pense pas, j’y pense encore. 

Elle vit en moi, à travers moi. Elle m’accompagne. Dans les moments difficiles, face à un défi à relever par exemple, j’entends en moi les inflexions de sa voix qui me rassure, me dit de ne pas m’en faire, que je saurai être à la hauteur. 

Et si j’aime la vie aujourd’hui, c’est parce que j’ai vu dans ses yeux que j’en valais la peine, que j’étais quelqu’un de bien. Et c’est certainement grâce à son amour inconditionnel que j’ai voulu reprendre le flambeau et jeter un peu de joie autour de moi, tout en tentant, bien humblement, jour après jour, de continuer à lui faire honneur. 

Bonne fête à toutes les mères, celles du ciel et de la terre.

Jean-Louis Gauthier, Rédacteur en chef

jean-louis.gauthier@bayardcanada.com

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Commentaires

À mon tour...

... de la porter en moi. Partie trop tôt (50 ans, 4 mois, 5 jours), il ne se passe pas une seule journée sans que je ne pense à elle. Ma petite maman, toute petite, à peine 5', blonde aux yeux bruns foncés, rieuse, toujours de bonne humeur. Jamais malade. Jamais. Puis, le verdict: cancer de l'estomac. 20 mois. Elle fait partie de moi et chaque jour, je deviens elle. Trente déjà cette année... comme si c'était hier. Je t'aime maman.

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