La vie, la vie...

Jean-Louis-Gauthier billet d'avril 2015

Je prends une douche, je donne à manger à mon chien Edmond (matinal lui aussi), puis je déjeune au son de la radio, la radio Bazzo... Une belle gang de matinaux dont les rires volent aux quatre coins du studio. 

Je tends l’oreille quand on y parle du temps qu’il fait, histoire de savoir si je mets mon long foulard de laine, celui avec lequel je peux faire plusieurs tours, ou l’autre, plus léger. J’attrape aussi les dernières nouvelles du jour. 

Pas drôle la planète, ces temps-ci! La folie partout. La violence. L’horreur. L’horreur à perte de vue, du Nigeria à Paris... Boko Haram et compagnie... Des enfants pris en otages dans une école et dont la vie, si courte, se terminera dans un bain de sang. Un journaliste, glaive sous la gorge ou fusil sur la tempe, qui implore ses ravisseurs de le laisser vivre encore un peu. Des passants anonymes dont le corps se brise en mille morceaux sous la déflagration d’une voiture piégée. Des caricaturistes qui se font descendre à bout portant à cause de valeureux petits dessins. 

On voudrait crier, hurler: ‹‹Assez! Arrêtez! Arrêtez l’horreur! Nous n’en pouvons plus!›› On voudrait crier, oui, mais qui nous entendrait? C’est tellement loin, la barbarie! Ça n’a pas d’oreilles non plus, la barbarie. Car ça n’a pas de coeur. 



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Commentaires

Vos articles mensuels

Je prends toujours un grand plaisir à vous lire mensuellement. J'aime la qualité de votre français, vos mots justes et comme prime votre authenticité. J'ai lu de vos articles qui m'ont rappelés mon enfance en campagne ou tout était si simple...car on vivait le moment présent sans la vitesse de l'internet et des nouvelles mondiales qui nous tiennent au fait de l'actualité mais aussi nous apporte l'inquiétude et parfois la peur de faire les choses qui nous semblaient normales il y a plusieurs années. SVP continuez à alimenter notre imaginaire avec vos souvenirs et réflexions qui sont très à point.
Un lecteur d'âge mature (c'est mieux que vieux). Ha! Ha!

Le pire, pourtant, serait que nous nous mettions à désespérer.

Et c'est hélas ce qui nous arrive... tous. Les 'vieux' se réjouissent du fait qu'ils partiront bientôt et sont tristes du sort qui attend leurs petits-enfants. On voudrait pouvoir retourner en arrière, on se demande comment tout ça a commencé. Notre pays - oui, oui, le Québec - si accueillant est maintenant victime de sa générosité. Il est trop tard... le destin s'accomplira. La haine gagne du terrain... et j'ai peur.