La vie comme un jardin

Jean-Louis-Gauthier billet de janvier 2015

On nous promettait le pire: les ordinateurs allaient cesser de fonctionner, les centrales nucléaires, déboussolées, ne sachant plus à quel cadran se vouer, allaient se mettre à cracher leur poison dans l’atmosphère, les barrages allaient céder et les rivières sortir de leur lit. Ce qui s’est passé? Rien! Rien du tout! La vie a continué son petit bonhomme de chemin, comme si de rien n’était. Comme si rien ne pouvait l’arrêter. Pour le meilleur et pour le pire.

... 

Une nouvelle année, donc, puisqu’on n’arrête pas le temps. Et c’est bien ce que l’on souhaite, n’est-ce pas, que ça dure... que ça dure le plus longtemps et le plus agréablement possible? 

Et comme le veut la tradition, une année qui commence, c’est aussi l’occasion de faire le point sur sa vie, tel le commerçant qui, en fin de saison, met de l’ordre dans ses livres, dressant la liste des gains et des pertes, histoire de voir comment vont les affaires. 

On fait un zoom sur son existence. On se félicite de ses bons coups. Et on rajuste le tir au besoin. On prend des résolutions. 

J’ai en mémoire plusieurs matins du premier janvier. Assis au salon, crayon et papier en main, je fais le tour de ma vie pour voir ce que je pourrais, ce que je devrais améliorer... «Manger moins de desserts. Remplacer les carrés aux dattes et la tarte aux pommes par un bon fruit... Reprendre le jogging... Ne plus me laisser marcher sur les pieds... Cesser de me comparer... Me faire davantage confiance.» J’écrivais tout ça comme si je voulais être bien sûr de ne rien oublier! 

Ai-je tenu mes promesses? Pas toujours! Le goût du sucré, par exemple, reste encore et toujours un défi de tous les jours. Mais il est rassurant et stimulant de savoir qu’on réussit parfois à faire mieux. Ainsi, je ménage autant que je peux ma monture... dans l’espoir de me rendre le plus loin possible. Par exemple, je monte quatre ou cinq fois par semaine les escaliers qui mènent à mon appartement. Je fais une demi-heure de vélo stationnaire tous les jours et des exercices de cohérence cardiaque quelques fois par jour... ce qui aide grandement à diminuer le stress. Car j’ai bien l’intention de mourir en santé. 



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Commentaires

Edmond

Bonjour monsieur Gauthier,

C’est assez exceptionnel pour moi d’écrire aux rédacteurs. C'est pourquoi j'ai pris un titre accessible mais cette fois-ci je tiens à vous remercier de ce billet car il peut être une source de mieux-être, d’encouragement pour les personnes qui vous lisent. Un peu comme un rayon de soleil qui se pointe dans la grisaille d’un jour de pluie.

La vie nous amène parfois sont lot de critiques qui nous aide à nous forger une carapace.
Ça ne me surprendrais pas d’ailleurs que ce soit un peu l’intention de ce billet. Il y a des gens pour qui le fait de se sentir mal dans sa peau les amènent à le verbaliser ainsi.
C’est dommage ! Le mieux au fond c’est de passer à autre chose. S’en soucier c’est le meilleur moyen de faire perdurer les choses en encourageant autrui à croire à l’efficacité de tels comportements.

Quoiqu’il en soit, je trouve vos billets très enrichissants :
- d’une sensibilité masculine inspirante
- c’est rafraîchissant et ça provoque une belle réflexion sur la vie.

J’espère que vous serez à l’emploi de Bel Âge encore longtemps,
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Marguerite