La loi du sablier

La mort! Le mot est lâché! Un mot qui fait peur, qui donne des frissons dans le dos. Un mot que l’on voudrait pouvoir effacer des dictionnaires.

Mon premier contact avec la mort... J’avais six ans.

Grand-papa Gauthier.

On nous a fait sortir de la maison. «Allez jouer dehors.» Je me souviens très bien. Nous nous amusions sur le banc de neige tout près. La porte s’est ouverte. Une civière. On a arrêté de jouer. 

On n’a plus jamais revu notre grand-père.

Plus tard, ce fut au tour de ma mère. J’ai d’abord vu la mort passer dans son regard apeuré. Puis, lentement, le cancer a fait son oeuvre. Un jour, tante Jeanne m’a appelé au collège pour me dire que ce n’était plus qu’une question de temps. Maman avait demandé à recevoir l’extrême-onction. Les adultes avaient acquiescé à son voeu, appelé monsieur le curé. Je leur en ai voulu. Maman ne mourrait pas. Maman était immortelle.

Je suis revenu à la maison.

Ce matin-là, le dernier, maman m’a demandé d’appeler mes frères et ma soeur. Elle voulait les voir une dernière fois avant de partir.

– D’accord. Mais avant, je vais appeler le médecin.

Je ne voulais pas qu’elle meure.



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Commentaires

MERCI

Merci M. Gauthier.

Oui, vous avez raison, on est parfois maladroit quand arrive la mort...

Je me suis reconnue en vous lisant et puis, j'ai pensé: "C'est ok, on est juste humain et dans le fond, on fait toujours de notre mieux, avec ce qu'on sait et qui on est à ce moment-là." et ça m'a en quelque sorte réconfortée.

Encore une fois, MERCI, M. Gauthier, votre billet m'a touchée.

Michet
www.lmsickini.com

Personne n'est éternel !

Vous avez bien raison, Monsieur Jean-Louis, moi aussi lorsque ma mère me parlait de sa mort éminente, je ne voulais pas l'écouter. Aujourd'hui, je le regrette, car j'aurais sûrement pût lui apporter un peu de réconfort. Au lieu de cela, je me voilais la face et faisait semblant que ce jour n'arriverait pas. Malheureusement, personne n'est éternel !

Une réflexion sur la mort

J'ai accompagné mon ex-belle-sœur (Denise) qui était toujours toute menue et qui faisait tant de belles choses à partir de coupons de linge pour confectionner des poupées (boudeuses) avec petit chapeau, des cheveux de poupées, des petits souliers, tous les petits détails d'une couturière aux doigts de fée.
Mais un jour sa mémoire l'a abandonnée tout comme son mari d'ailleurs...Elle était demeurée en contact avec moi car nous étions proches et parfois elle m'appelait lorsqu'il pleuvait pour m'offrir un transport pour la clinique afin de ne pas arriver en retard au travail.. Elle a été ma bonne fée. Et combien de soirs d'hiver elle se rendait sur le stationnement de l'épicier du coin à ma rencontre à mes 3/4 de mon parcours pour parler en se promenant et elle semblait malheureuse mains ne m'exprimait pas ses émotions tout comme son frère d'ailleurs... Le destin à fait plusieurs années plus tard que ce soit moi sa bonne fée, et je l'ai accompagnée pendant 4 ans, tout en étant témoin de sa descente aux enfers de l'oubli. Je l'ai accompagnée jusqu'à son dernier souffle, la dernière porte à franchir ensemble pour la dernière fois, je devais lui lâcher la main.
J'ai beaucoup appris sur l'importance de bien vivre le moment présent de notre vie et d'en savourer chaque minute, chaque heure qui s'écoule dans le tournant des aiguilles de l'horloge du temps, le balancier et sa loi, le sable s'écoule et il faut retourner le sablier du temps pour se rendre bien compte
que le temps nous est compté et que nous n'avons pas le droit d'en perdre une minute dans des stupidités, mais plutôt vivre en harmonie avec soi-même et créer l'harmonie autour de nous et c'est ce que vous faites, vous ainsi que toute votre superbe équipe. Le sable coule et s'écoule du haut puis si quelqu'un a une notion du temps toute particulière(maladie, douleur, handicap, accident de parcours, personne ne connaît sa date d'expiration alors vaut mieux la vivre à fond et surtout mettre ses énergies pour aider du mieux que l'on peut à notre manière (sincère et franche surtout), à la saveur du temps qui passe dans le sablier tout comme l'horloge tourne sans cesse ses aiguilles à la même vitesse. Réconforter l'être fragilisé, le stimuler comme un enfant, prendre soin d'elle, marcher, parler beaucoup et respecter les silences. Quand Denise est passée de la lumière à l'ombre, pour elle le sablier a basculé et les aiguilles du temps ne servaient plus à rien, mais son temps était précieux et court,
elle se repose maintenant dans un mur souvenir affichant sa photo, pour elle, elle est dans une autre dimension éternelle et bonne j'en suis persuadée. Pardon pour la longueur de cet autre commentaire.
Merci Denise et de là haut, tu dois enfin réapprendre à rire comme tu l'aimais tant et être taquine.
Merci de lire ce long billet et que la vie vous soit douce.

Réflection sur l'article

Je pense qu'à aborder la question de la mort, sans notion de spiritualité peut-être plutôt difficile. C'est pourquoi il y a un malaise..... La notion de mort amène une question qui confond chaque humain et ce depuis sa naissance. Comme me disais un de mes amis (communiste) lui il dit qu'il y a seulement 2 possibilités, soit qu'il y a un Dieu, soit qu'Il n'y a pas de Dieu. Et la réponse, que l'on donne à cette question, (réponse normalement réfléchit, discuté, analysé.....) aura un impact certain sur notre vision du monde et de notre appréhension de la mort. Heureusement pour moi, je manque de foi pour être athée. Comme il y a une vie après la mort et faudrait bien savoir ou ont vas...........cherchez et vous trouverez........

''Vieillir''..

A 95 ans tres ridee par le soleil de jeunesse et on me demande si je suis la mere de ma compagne qui a plus de 90 ans, sans trop de rides. Aussi, a cote d'un ami, 78 ans celui-la. Et un neveu de 50 ans. Pourquoi s'offusquer si je suis la mere de toutes les generations. Je sais qui je suis, c'est ce qui est important. On ne peut pas avoir l'air jeune toute sa vie. Si on ne veut pas vieillir, il faut mourir jeune.