La langue de chez nous

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C’est l’abbé Jean Ratté qui le donnait. Il avait étudié le théâtre à Paris avec la comédienne Tania Balachova.

 Paris! Tania Balachova! Tout cela me semblait bien exotique. Paris, la tour Eiffel, les quais de la Seine, Notre-Dame. Quant à cette Tania, je l’imaginais, allez savoir pourquoi, portant turban et parlant à la française, avec un léger accent russe et moult gestes.

Notre bon abbé Ratté avait donc appris là-bas, dans les vieux pays, à bien parler français, à articuler en détachant parfaitement les syllabes, contrairement à nous qui les avalions tout rond.

Il nous apprenait à notre tour à prononcer. Il corrigeait aussi nos fautes, qui étaient nombreuses, très nombreuses, à commencer par les mots anglais qui émaillaient notre discours alors que nous ne savions même pas qu’ils appartenaient à une autre langue que la nôtre. Ainsi, je fus très étonné le jour où je découvrais que l’expression sleeping bag n’était pas française. «Vous dormirez bien mieux dans un sac de couchage», avait repris l’abbé Ratté.



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