Julie la vie

Son nom vous est connu: vous pouvez la lire régulièrement dans nos pages. 

Julie la journaliste. 

Il y a aussi Julie la romancière, et Julie la poète qui justement a publié, il y a quelques mois, un recueil au très beau titre de Mémorial pour Geneviève et autres tombeaux (Les heures bleues). Elle trouve toujours de beaux titres, Julie. 

Ce Mémorial est un hymne, un chant, un hommage à sa fille Geneviève, que la sclérose en plaques a emportée en 2010. Elle avait 50 ans. Julie l’avait accompagnée, jour après jour, jusqu’au dernier. J’imagine la peine que doit éprouver une mère lorsqu’elle voit partir sa fille. Julie dirait qu’elle s’est envolée. 

Je m’étais rendu au salon funéraire. Un aller-retour en autobus Montréal-Québec. J’ai poussé la porte et j’ai entrevu Julie. Julie, menue, fragile comme une poupée de porcelaine, près du cercueil, regardant sa grande fille qui faisait semblant de dormir. Je me suis approché. «Elle est belle, n’est-ce pas», m’a chuchoté Julie à l’oreille. Sa Geneviève! Elle disait «ma lumineuse Geneviève». 

Elle l’a ensuite portée en terre. 

Julie la vie a laissé le temps passer, la mort faire un grand tour en elle, la mort de sa fille, le temps de s’habituer à l’idée et de revenir à la réalité. Non, Geneviève, sa fille chérie, ne reviendrait pas. Envolée! 



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