Compagnons pour la vie

Billet Aline Pinxteren février 2016

Photo: Laurence Labat; maquillage-coiffure: Sylvy Plourde

Ils ont été rattrapés in extremis par le voisin, mais cela ne m’a pas empêchée de fuir tout canidé pendant de longues années (même les Yorkshires, alors que je fais un bon six pieds… c’est dire!). Les animaux, je les aimais de loin, sauvages dans les forêts ou sagement tenus en laisse, sans jamais vraiment prendre la mesure de l’affection que d’autres autour de moi leur portaient. Puis, la chatte siamoise de ma meilleure amie a croisé ma route. Je voyais leur lien si spécial, fil rouge de 17 belles années de vie et de souvenirs partagés... Quand Akasha a dû être endormie (ses reins ne fonctionnaient plus), mon amie a eu l’impression qu’une partie de son âme s’envolait. Une affection profonde qu’elle est loin d’être la seule à éprouver! 

Il faut dire que nos compagnons à quatre pattes prennent de la place dans nos vies, guérissant les peines, pansant les solitudes. D’après les intervenants, «Que va devenir mon animal?» est une des questions le plus souvent posées quand il faut partir vivre en résidence, avec tout le déchirement qu’elle sous-tend. Sans un chat ou un chien qui leur fait la fête le soir quand ils rentrent ou qui les force à bouger pour lui donner à manger ou l’emmener se promener, combien se laisseraient complètement aller? Une étude japonaise a d’ailleurs prouvé qu’un chien et son maître, quand ils se regardent dans les yeux, se mettent à produire d’un coup beaucoup d’ocytocine, l’hormone de l’attachement, avec une grande sensation de bonheur à la clé. 

L’été dernier, aux États-Unis, on a remis une médaille de bravoure à un chat exceptionnel qui avait foncé sur un gros chien en train de mordre un petit garçon de 3 ans. Dans la vie de tous les jours, tellement d’animaux en mériteraient autant! De Doudoune, qui alerte sa maîtresse aux poumons malades quand sa respiration devient trop saccadée, à Puddy, dormant à deux pouces du visage de son maître pour être au plus près de lui, en passant Sacha, qui a si bien su se faire une place dans la famille qu’elle a son propre bas de Noël, ou Arthur, qui y va d’un petit coup de langue sous l’oreille de son malade avant le dodo pour lui signifier qu’il veille sur lui... 

Et vous, quels sont les petits gestes de votre chat ou de votre chien qui vous font vous sentir bien au quotidien? On a hâte de vous lire... Écrivez-moi, nous publierons les plus beaux témoignages!

Aline Pinxteren, rédactrice en chef

aline.pinxteren@lebelage.ca



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Commentaires

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Mme Aline,votre texte sur compagnons pour la vie m'a bien émue. C'est tellement vrai. Dans le passé,j'ai adopté un chat d'intérieur; au fil du temps, il jouait avec mes quatre enfants;quand je m'assoyais devant la télévision,il sautait sur le sofa me rejoindre et se faire câliner;le soir quand j'arrivais de travailler à minuit,il sautait toujours sur la même chaise de comptoir comme pour m'accueillir et être à mes côtés le temps que je prenne un jus avant le dodo. Il était comme un membre de la famille; mais un jour,deux de mes enfants se sont mis à faire de l'asthme. Les tests d'allergie ont démontré une forte allergie aux poils d'animaux.Alors je devais m'en débarrasser.J'ai cherché à lui trouvé une nouvelle famille ou il serait bien mais en vain. L'envoyer dans un centre ou il serait replacé chez des gens que je ne connaissais pas et ne sachant pas s'il serait bien accueilli ,bien traité, je ne m'en sentais pas capable.Alors, j'ai été chez le vétérinaire pour le faire euthanasier; la secrétaire m'a demandé son nom; je lui ai répondu: Ne me demandez pas ça, ça fait trop mal. Revenu à la maison,j'ai pleuré(rien que de l'écrire me provoque une émotion). Oui, j'avais un deuil à faire. Oui,il était devenu comme un membre de la famille.Votre texte m'a fait repenser à lui; il s'appelait ZÉNO.

Merci...

Bonjour Mireille, merci beaucoup pour ce partage suite à la lecture de mon billet! Je vous comprends tout à fait... Je viens il y a quelques semaines d'accompagner mon conjoint chez le vétérinaire pour mettre fin aux souffrances de son chat, qui avait été à ses côtés pendant 18 ans de sa vie, c'est tellement douloureux de devoir prendre une décision pareille!