Par Julie Stanton

George Gershwin, Albert Einstein, Virginia Woolf, Joseph Légaré et May West

Il y aura du monde célèbre autour de la table de Dorothée Berryman. Pas surprenant car la comédienne et chanteuse de jazz est douée d’un charisme auquel peu savent résister. Écoutons- la nous parler de ses coups de coeur… «Ce sera un réveillon de Noël d’exception. George Gershwin sera là. Quel artiste! Quel compositeur! Rhapsody in Blue, Porgy and Bess et l’immortelle berceuse qui ouvre cet opéra, ou encore la chanson préférée de plusieurs : Summertime. Je suis curieuse de l’entendre nous parler de ses amis, comme Ravel, de son frère et collaborateur, le parolier Ira Gershwin, et aussi de son époque qu’on a surnommée le Jazz Age. Albert Einstein a aussi confirmé sa présence. Son livre, Comment je vois le monde, a longtemps été mon livre de chevet. On dit qu’Einstein est un homme doux et gentil, qu’il est simple, pas du tout mondain, et qu’il a conservé une pureté à la fois enfantine et profondément têtue. Puis je viens d’apprendre qu’il est excellent violoniste et qu’il aime jouer Mozart ou Beethoven en privé pour ses amis... Un autre de mes invités est Virginia Woolf, née à Londres en 1882, dont les écrits me touchent et m’inspirent. La promenade au phare et Une chambre à soi sont des livres qui m’ont marquée profondément. Publié en 1929, l’essai est toujours aussi percutant aujourd’hui. On ne peut oublier la dernière phrase : Une femme doit avoir de l’argent et une chambre à soi si elle veut écrire… Il y aura également à ma table mon arrière-arrière-grand-père maternel, le peintre Joseph Légaré. J’en ai beaucoup entendu parler par ma mère et ma grand-mère. Il est né à Québec en 1795, et j’aimerais qu’il me raconte ce qu’était la vie, à Québec, à cette époque, qu’il me parle de ses tableaux qu’on peut voir au Musée des beaux-arts de Montréal et au Musée national des beaux-arts du Québec, de son engagement politique (c’était un ami de Louis-Joseph Papineau) et aussi de ses activités de collectionneur et de diffuseur. Enfin, j’ai très hâte de rencontrer mon héroïne, May West. J’admire son intelligence et son courage. Sex-symbol des années 20 jusqu’aux années 40, féministe avant l’heure, son humour fait encore jaser. Je la cite pour exprimer toute la joie que j’éprouve juste à la pensée de ce réveillon : Too much of a good thing can be wonderful!»

Nom: 
Dorothée Berryman. Comédienne et chanteuse.