Par Julie Stanton

Dire spontanément mon âge? Non merci.

«Dire spontanément mon âge? Non merci. Déjà, avoir 20 ans a été un choc pour moi. À 40 ans, je passais encore pour jeune. Avec la cinquantaine, me complimenter consiste à dire qu’on ne me donnerait pas plus de 42 ou 43 ans. Ah! la tyrannie des miroirs! Ces taches sur la peau qui ne partiront plus, ces cheveux gris qu’on ne peut plus ignorer. Je suis plus âgé que les parents de certains de mes étudiants. Je triche un peu avec ma photo de profil Facebook. Des hommes plus jeunes, avec calvitie et plus de cheveux gris, me consolent. Je me dis que j’ai l’âge de Barack Obama. Ou de Jean Leloup. C’est selon. Puis j’ai attrapé cette maladie des gens de mon âge: le jogging! À 50 ans, j’ai couru mon premier semi-marathon. Ma femme et mes filles étaient fières. Fini le cannabis, mais j’écoute encore du rock, en plus du jazz et du classique. Le vin a remplacé la bière. Se montrer discret sur son âge doit trahir quelque insatisfaction, un manque de sagesse. Je ne dis pas le contraire. Au moins, je suis assez vieux et lucide pour le savoir. Et encore assez jeune pour y remédier. Dire spontanément mon âge? Un jour, je l’espère. Peut-être quand je serai grand-père, tiens.» 

Nom: 
René. Même âge que Jean Leloup.

1

Commentaires

Je n,ai pas de réticence à dire mon âge pour les autres

J,ai 68 ans et je continue d,être féminine      Maison,ai peur de la mort qui s,approche tranquillement