Par Julie Stanton

Avouer mes 40, 50 ou 60 ans ne sera pas évident

«J’ai atteint la quarantaine il y a quelques semaines. Toute l’année, j’ai ressenti le besoin de parler du fait que je m’apprêtais à franchir un cap symbolique important. J’ai été étonnée par la réaction des gens. Ils ont eu tendance à minimiser mon émotion en me disant que c’était juste un chiffre. C’est faux! Pour moi, avouer mes 40, 50 ou 60 ans, ce ne sera pas évident parce que l’âge est saturé de significations sociales. Si, en vieillissant, on ne déborde pas d’enthousiasme à l’idée d’entamer une autre décennie, je pense qu’on doit pouvoir exprimer ce qu’on ressent à devoir faire, peu à peu, le deuil de ses jeunes années. En s’appropriant son âge, en décrivant ce qu’on éprouve au sujet des transformations du corps, de sa beauté, de sa sexualité, on lui redonne sa réalité, sa complexité et sa dignité. C’est le seul contrepoids possible face à l’industrie milliardaire du jeunisme.» 

Nom: 
Annie Cloutier, 40 ans. Écrivaine et sociologue.