Par Carole Boutin

Rester sereine face à un départ

En 97 ma mère a eu le diagnostic du cancer du foie et des poumons, elle avait 67 ans. Je suis la plus vieille d'une famille de 6 enfants, 3 filles et 3 garçons. A l'annonce du verdict et voyant que ma mère était déjà affaiblie je décidai de rester avec elle et mon père pour m'occuper d'eux, mon papa est aphasique il ne parle presque pas mais il pleure beaucoup, il sait que nous allons perdre maman. On l'a su fin février et le 29 mars elle était décédée, je voyais venir le printemps, je me disais que j'irais la promener quand il ferait beau, elle était confinée à sa chaise roulante. Ce que je ne savais pas c'est qu'elle était en phase terminale. J'ai donc dû m'occuper de maman comme une enfant, elle ne se lavait pas toute seule, trop faible laissez-moi vous dire que le premier soir du bain elle était tellement gênée pauvre elle de devoir se laisser laver par sa fille mais je l'ai mise à l'aise en lui disant que maintenant c'était mon tour d'en prendre soin. Ca lui faisait tellement de bien et elle m'avait fait promettre de ne pas l'envoyer à l'hôpital elle avait peur. J'ai tenu ma promesse mais j'ai beaucoup pleuré en cachette avec papa quand elle dormait c'est difficile d'être aidant naturel, mes soeurs ne se disait pas capable de le faire comme si moi je savais dans quoi je m'embarquais, je suis allée avec mon coeur et l'amour que j'avais pour maman. La 1ère semaine ça été, mes soeurs et frères ont coopérer mais la 2ième semaine son étât s'est dégradée et là j'ai prié fort pour qu'on me donne la force de continuer j'étais fatiguée je devais voyager matin et soir pour lui faire prendre son bain et sa toilette elle ne voulait que moi, pourtant on s'était disputée à quelques reprises mais c'est moi qu'elle a choisi et savez-vous quoi? j'ai adoré mon expérience, je me suis sentie tellement privilégiée de pouvoir en prendre soin jusqu'à la fin et le soir de sa mort je suis allée chez moi prendre une douche et revenir ensuite la veiller et c'est ce moment là qu'elle a choisi pour partir. Quand je l'ai quitté j'ai dû la calmer avant de partir elle était surexcitée assez que j'avais peur qu'elle tombe en bas de son lit mais elle s'est calmée et je suis partie. Mon frère a appelé chez moi pour m'avertir que maman était décédée mais c'est bizarre juste avant son téléphone j'ai dit à mon mari que je me sentais imprégnée de la mort et le téléphone a sonné. Grâce à ma participation auprès d'elle j'ai pu être plus sereine face à son départ.