MADA

Drummondville as de la prévention

A Drummondville, on ne joue pas avec le feu quand il est question de protéger les aînés. Afin de les éclairer en matière de prévention, la municipalité a conçu un jeu de cartes dont chacune comporte un conseil de sécurité facile à adopter.
«Sous le signe du divertissement et de la socialisation, les citoyens plus âgés
apprennent, par exemple, que la sonnerie d’un avertisseur de fumée doit être prise très au sérieux et comment évacuer un établissement
de façon rapide et sécuritaire», dit Marie-France Bergeron, lieutenante en éducation publique du service de prévention des incendies et initiatrice du jeu. Pour faire connaître ce jeu de cartes, la lieutenante et son équipe se rendent chaque mercredi dans une résidence pour aînés. Sur
place, ils expliquent en quoi consiste leur travail, au-delà de l’idée qu’on s’en fait souvent. «On brise la glace en les conviant à une
visite du camion, durant laquelle on déploie la grande échelle. On enfile ensuite nos habits de combat afin de leur montrer les gestes à poser pour venir à bout du brasier et s’assurer que tout le monde
soit hors de danger. Ils nous posent mille questions!»

Curiosité enflammée

Marie-France Turcotte fait partie de ceux qui ont vécu cette aventure.
La dame a beau venir d’une famille de pompiers, elle était excitée
comme une puce le jour de la visite des combattants du feu à la
Résidence 600 Bousquet. «J’ai proposé cette rencontre à notre
récréologue parce qu’on ne sait pas tout sur la prévention des incendies,
même à nos âges respectables!» raconte-t-elle. L’expérience
s’est avérée fort enrichissante. «On a tous appris quelque chose. Par
exemple, que la fumée peut brûler les poumons et que, quand on
installe des rideaux, il faut les éloigner du calorifère.»
On n’est jamais, non plus, trop jeune pour apprendre:
«Le mythe des pompiers qui passent leur temps à jouer aux
cartes à la caserne, c’est complètement faux, affirme en riant
Mme Turcotte. C’est nous qui leur avons enseigné les règles de certains
jeux, comme le 500 et le deux de pique!» La journée a aussi connu son
lot de surprises, les aînés ayant assisté au départ précipité de l’équipe à
la suite du déclenchement d’une alarme dans une maison privée. «On
croyait que c’était arrangé, mais non, c’était bien réel!»

Des étincelles entre les générations

De leur rencontre avec ces doyens, les vaillants héros retiennent
des leçons de vie. «Au début, ils étaient un peu sceptiques et me
disaient “Hein? Tu veux nous faire jouer aux cartes?” se souvient
Marie-France Bergeron. Mais ils se sont rapidement rendu
compte du bienfait de ces échanges.» Pendant les parties, jeunes
et moins jeunes se racontent des anecdotes, partagent des histoires,
se lancent des blagues. Et dans le feu roulant de la conversation,
les pompiers glissent des consignes de sécurité ici et là.
«On revient à la caserne en se disant qu’on a vécu quelque chose
d’important, qu’on a grandi à leur contact. On est tous gagnants!»
Pour favoriser le bien-être de ses citoyens âgés, qui constituent
environ 18 % de sa population, la municipalité a plus d’une
carte dans son jeu. «On leur doit beaucoup, témoigne Alexandre
Cusson, maire de Drummondville. Si on a aujourd’hui une ville,
une communauté qu’on aime, c’est principalement grâce à eux.
Il est donc important pour nous de chercher à améliorer leur
qualité de vie.» Dans le cadre du plan d’action MADA 2016-
2018, diverses initiatives ont été mises en place afin d’encourager
les aînés à être actifs sur le plan physique, mental et communautaire,
et de simplifier leurs déplacements en transport en commun
ou à pied. «Nous les avons consultés pour mieux cibler
leurs besoins, explique Sylvie Allie, agente responsable de la
démarche MADA pour Drummondville, et ils nous ont fait
part de leurs suggestions.» En collaboration avec le Carrefour
Action Municipale et Famille