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Votre histoire: Souvenirs d'école

Ah, la vie d’écolier… Plusieurs internautes se rappellent avec tendresse de cette belle époque!

Voici les contributions des internautes:

Contributions

  • Soeurs de la Congrégation Notre-Dame

    Woodbridge, Ontario. Je me souviens des ces beaux jours de septembre 1948 où j'ai fait mon entrée pour la première fois au Couvent des Soeurs de la Congrégation à Sainte-Famille de l'Ile D'Orléans. J'avais 10 ans. Mes parents et mon oncle Médéric étaient venus me reconduire. J'étais très heureuse. Mes parents venaient me voir tous les dimanches, un dimanche ma mère et l'autre mon père. Je me souviens des sacrifices qu'ils faisaient pour payer chaque mois pour mon éducation. J'aimais étudier et m'amuser durant les récréations. À part l'étude, nous allions en excursions visiter les fermes et faire la cueillette de pommes dans les vergers. Au printemps, quand les jours se réchauffaient, nous allions aux petites chûtes près du fleuve St-Laurent en passant par le vieux moulin. Quelques fois les soeurs nous préparaient un goûté que nous dégustions avec plaisir. J'ai visité une religieuse, Mère Ste-Thérèse de Rome jusqu'en 1999, elle avait 94 ans. Ce fût la dernière fois. Elle était sévère, mais très gentille et bonne. Elle a bien aimé ma fille Deborah, de sa naissance en 1980, jusqu'à notre dernière visite. Si en ce moment elle pouvait voir Deborah, je suis certaine qu'elle serait fière d'elle. Deborah est missionnaire dans un petit village de Tanzanie en Afrique. Elle travaille 12 heures par jour et elle est a la tête d'un orphelinat dont les parents des enfants sont morts du sida. Elle a ouvert une clinique médicale où les enfants et les gens du village peuvent avoir quelques soins. Elle a une clinique médicale mobile qui visite quelques villages toutes les 6 semaines et elle fait beaucoup de levée de fonds pour envoyer les orphelins aux études. Mère Ste-Thérèse adorait Deborah et nous l'avons beaucoup aimée en retour. Je continue de penser a elle et aux beaux jours de mon enfance.

    Par Ginette Roberge, McCracken
  • La belle vie... scolaire!

    Laval. Bien sûr, c'était facile pour moi, j'adorais l'école. Toujours prête avant tout le monde le matin, je chantais sur la galerie, le sac en bandoulière, impatiente de partir. Même le jour où notre maison a été incendiée, j'ai refusé de rester à la maison. J'aimais TOUT de l'école: la discipline, les professeurs laïcs, les religieuses (Sainte-Croix), l'odeur du bois, la tunique à plis bien repassés et la belle blouse blanche fraîche, la médaille d'honneur et surtout APPRENDRE. Mon Dieu que j'aimais APPRENDRE. On commençait l'école à 8h par la prière, puis à la récréation, on sautait à la corde ou on jouait au drapeau. Je revenais dîner à la maison en courant pour ne pas manquer Zézette à CKVL. Retour en classe pour l'après-midi. Après les classes, j'étais toujours partante pour nettoyer les tableaux et surtout les brosses avec l'aspirateur spécial dans le corridor. Au temps des Fêtes, les plus sages (dont j'étais bien que très bavarde) étaient invitées par les religieuses à monter des maquettes pour les décorations de Noël et faire des suçons rouges au sucre d'orge. Quel privilège! Chaque mois, Ghyslaine Hétu et moi nous disputions la première place et la gagnante portait fièrement la fameuse médaille d'honneur tout le mois sur sa tunique. J'étais experte en grammaire ce qui m'a permis plus tard de bien gagner ma vie comme secrétaire de direction. À la fin de l'année, je rentrais à la maison avec une montagne de livres représentant les récompenses pour mes efforts. Mon goût de la lecture ne s'est jamais démenti. J'aimais bien l'été mais j'attendais toujours avec plaisir le temps de la rentrée. Venant de Pointe-St-Charles, je n'ai pu faire des études avancées parce que nous étions trop pauvres, mais je n'ai jamais cessé de suivre des cours tout au long de ma vie. À 57 ans, retraitée, je suis enfin entrée à l'université où je prépare un certificat en espagnol. Photo: Octobre 1961 - École Sainte-Croix, rue Centre, Pointe-St-Charles/Classe de 6 année. Professeur: Soeur Ste-Yolande-du-Rosaire.

    Par Lise Roy
  • Soeur Anne de Beaupré...

    Montréal. Petite et grassette avec une toux inlassable, elle s'occupait de nous, les pensionnaires du couvent de St-Jacques de Montcalm. Une femme gentille et souriante, mais qui savait imposer son autorité. Je me rappelle d'une personne juste. Très différent de ce que j'avais connu dans d'autres pensionnats et d'autres congrégations. Cette année là,  j'ai réussi mon année avec honneur grâce aussi à une jeune soeur qui a été mon professeur. C'est l'unique fois où j'ai si bien réussi, après je suis déménagée dans un couvent plus proche de chez moi en ville.

    Par Denise Paradis
  • Mon plus beau souvenir

    Notre-Dame-des-Prairies, Malartic. École primaire Marguerite-Bourgeoys et École secondaire St-Martin. Je veux aujourd'hui rendre hommage à deux personnes très particulières qui ont marquées ma vie. Madame Cécile Scheffler, qui a été ma titulaire en 7e année et Madame Marie-Paule Beaudoin, professeure de français en 10e année. Ces deux femmes extraordinaires m'ont transmise leur amour de la langue française et je leur en serai toujours reconnaissante. Ma force, c'était le français écrit : dictée et composition. Quant à l'expression orale ... oh la la ... que de misère j'ai eu. J'étais tellement timide que lorsque arrivait cette période où on devait parler devant la classe, je n'allais tout simplement pas à l'école. J'aimais mieux avoir un gros ZÉRO que d'affronter mes compagnes et compagnons. Ça a pas mal changé depuis. Je suis devenue un vrai moulin à parole (Hi Hi Hi). Mes amies n'auraient pas de mal à vous le confirmer.

    Par Jocelyne Lacroix
  • L'amitié plus fort que tout...mon amie Claudine

    Québec. Nous étions en troisième année du primaire... en 1963, nous avons la même date de naissance, ma famille et celle de Claudine étaient des familles comptant dix personnes au moins, humbles, pas riches, nous marchions pour aller à l'école. C'était l'hiver, Claudine demeurait un peu plus loin, je m'inquiétais elle n'était pas arrivée, notre professeur appellons-la Mlle.Frâiche-pette, qui demeurait non loin de chez-nous, nous avait pris en aversion, sans doute parce que sa famille était aussi modeste que la nôtre... Elle avait déçidé de barrer la porte de l'école, juste à côté de notre classe, si quelqu'un était en retard... Mon amie Claudine essayait d'ouvrir la porte...sans mitaine...les doigts lui avaient collés sur la poignée...la peau était restée collée et elle a perdue ses ongles. Je me souviens combien j'étais triste d'apprendre ça... Le lendemain je fis une péritonite et me retrouvai à l'hopital la chambre en façe de celle de Claudine...elle avait les mains enveloppées de pansement...moi je marchais pliée en deux à cause de ma chirugie...j'ouvrais sa boîte de chocolat au cerise...je me suis régalée...on a bien rit de se retrouver pendant 2 semaines...même malades...nous étions heureuses d'être ensemble... Nous sommes toujours amies et par la foi nous croyons être des amies éternelles...

    Par France Thiffault
  • Les petits chinois

    Delson. Que de beaux souvenirs reviennent à ma mémoire quand je pense à mon enfance. Si aujourd'hui on achète de petites chinoises à 20,000$ dans le temps on en achetait à 25 sous, ça doit ëtre cela l'inflation. Pour un sous que j'en ai coloré des briques d'une grande maison pour les missions. J'ai eu la chance d'avoir des religieuses qui aimaient le théâtre, aux fêtes soit du curé ou de la soeur supérieur nous organisions de grands spectacles, chansons, courtes scènes de théätre, danses.J'ai mëme monté une petite pièce ou je faisais un chef indien paré de jolies plumes de papier faites par NOrmande celle qui avait des doigts de fée. J'avais les idées et elle les concrétisait. Je me suis étouffée avec le calumet de paix que son frère ainé nous avait prêté , il y avait fumé la veille et il restait des résidus de tabac. Soeur superieur pensait que ça faisait parti du sketch , elle aussi s est presque étouffée en riant. L'école Ste Thérèse aujourd'hui démolie peut être fier des gens qui en sont sortis. Avec elle disparait les écoles de campagne ou de petites villes ou chacuns se connaissaient. Les grands aidaient les petits à s'emitouffler l'hiver et veillaient sur eux dans les cours de récréation. Quel honneur de nettoyer le tableau noir de nos classes. A la fin de l'année on polissait les planchers pour préparer la classe pour l'année suivante avec de vieux bas de laine de nos pères qu'on enfilait sur nos chaussures et à grande glissage d'un bord à l'autre de la classe on faisait luire le plancher comme un sous neuf. Chaque époque a son charme, pour moi comme pour vous tous la nôtre est toujours la plus belle mémé. Francine

    Par Francine Davies
  • les croisés

    St-Césaire. C'était à Sept-Îles. C'était les soeurs qui nous faisaient l'école et à toutes les semaines on allait à l'église avec un foulard dans le cou, une tunique bleu marin et une blouse blanche. En entrant dans l'église deux par deux,  toujours on chantait ceci: ''En avant marchons,en avant marchons, Jésus est là qui nous regarde, en avant bataillons''. On était les soldats du Christ. Quel beau souvenir de quatrième année. J'en ai bien d'autres, mais celui-là,  je ne l'oublierai jamais. Merci de m'avoir lue. Marie

    Par marie levasseur
  • MA PETITE HISTOIRE

    BOIS-FRANCS. Je me souviens de l'école du rang. Ma première année !!! J'étais tellement timide que je ne me décidais pas à demander pour aller aux toilettes et ce qui devait arriver arriva: je fis pipi dans mes petites culottes. Celà m'a valu des rires et moqueries des autres élèves ,surtout les grands. Cela m'a cependant apporté une grande détermination !! Plus jamais on ne se moquerait de moi de cette façon !! On m'admirerait sur un autre plan !! Je suis devenue studieuse et comme ça entrait bien, je fus première de classe jusqu'en 7ieme année. Mais, malheureusement pour les études, mes yeux se sont ouverts sur les garçons... Eux mes scores de première de classe ne les impressionnaient guère, alors je suis devenue bouffonne pour les faire rire et me faire remarquer d'eux. Ça a marché à la perfection, mais les notes ont chuté de façon dramatique... Et que dire du caractère !! Mes parents ont vu venir la crise d'adolescence et ont stoppé net ma parade !!! J'ai dû me remettre aux études sinon c'était le ménage à la maison qui m'attendait.Fini l'école si je ne me remettais pas en selle !!! Aujourd'hui je les en remercie !! J'adore la lecture et je fais un bon métier qui ne me demande pas de faire la bouffonne pour me faire apprécier....

    Par Helene Paquette
  • L'inspecteur Eugézipe T.

    Sorel-Tracy. Lors de la visite bi-annuelle de notre inspecteur d'école, il y avait une question fétiche qui revenait à chaque année. Je monte à pied la côte avec 4 bananes dans mes poches, 5 poires dans mon sac à dos, 3 pommes dans ma mains gauche et 6 oranges dans ma main droite. Questions: Combien en ai-je? La petite rouquine Nicole dans le coin lui répond candidement 18... Ho la jeune fille, on ne peut pas additionner des pommes et des poires et des bananes, ce n'est pas la même chose. Pardon Monsieur l'inspecteur ce sont tous des fruits....

    Par Gilles Gauthier
  • Chouchou une fois ne s'oublie pas

    Dollard-des-Ormeaux. Mon premier souvenir est pénible car j'étais atrocement timide et...j'avais décidé de me présenter seule en classe le premier jour, histoire d'avoir l'air d'une grande. Évidemment, j'étais la seule fillette à ne pas être accompagnée de ma maman, ce qui m'a valu des attentions particulières de mon enseignante. Elle a discuté de mon problème de timidité avec ma mère et j'ai été sa chouchou toute l'année! Sa gentillesse et son dévouement m'ont aidé à surmonter ma gêne. Des années subséquentes, je conserve de beaux souvenirs: la grosse boîte de crayons Prismacolor, la découverte de la lecture et mon amour des livres, les petits chinois à cinq sous, les parties de ballon-chasseur, mon amie Louise aujourd'hui disparue.

    Par Sylvie Allie
  • soeur Étiennette Guérette

    Granby. À l'école Ste-Famille de Granby , les soeurs nous faisaient la classe. Soeur Étiennette Guérette était mon prof. Son nom est mémorable, mais la personne l'était plus encore. Elle nous transmettait les matières élémentaires évidemment, mais ce que je garde d'elle c'est ce sentiment que je ressentais en sa présence. Cette impression d'être une personne spéciale et d'une grande importance non seulement pour elle, mais pour la terre entière. Merci beaucoup Soeur Étiennette Guérette, vous êtes toujours dans mon coeur.

    Par Maryse Lessard
  • Ah! l'école

    Saint-Hubert. Moi, ce que je me souviens le plus, c'est le nombre impressionnant d'élèves dans les classes. Dire que maintenant ils ne sont que 20 par classe. J'adorais porter la chemise blanche, le jump-suit bleu marin, les bas blancs et les souliers noirs ou bruns. Pas de problèmes pour les parents et pour nous filles de la ville. La cloche sonne, on se place en ligne des plus petites aux plus grandes par ordre de classe: 1a, 1b, 1c,1d 1e, 2a,  etc. À midi, toutes au diner, retour à 13h et à 16h, vite vite à la maison pour Bobino et Capitaine Bonhomme. Rien qu'à l'écrire, le sourire me vient aux lèvres. Que de bon temps, ballon chasseur, corde à danser, jeux du drapeau...

    Par Claudette Lajoie
  • Je pleurais pour...aller à l'école...

    Québec. Et bien oui, je pleurais chaque matin lorsque mon frère Albert et ma soeur Réjeanne partait pour l'école. Je pleurais pour y aller moi aussi. Vous n'y pensez pas à 4 ans et demie, je venais d'inventer la pré-maternelle. Je me souviens que ma mère s'est armée de courage pour demander à Madame Dion, mon futur professeur, la permission d'envoyer sa petite dernière à l'école en raison des crises répétées. Je voulais moi aussi aller dans cette petite école du rang située au bout de notre "montée". Maman avait mis dans une boîte de chocolat vide, un crayon à mine et un petit cahier, enfin j'étais prête pour la grande aventure. Heureuse de marcher aux côtés de mon frère et de ma soeur, c'est avec beaucoup d'émoi que j'entrai dans l'école. Tous les regards étaient dirigés vers moi, que pouvait venir faire dans ces lieux un bébé la la?.. Il faut vous dire qu'à cette époque on commençait l'école à 6 ans. Il y eut des jours heureux et d'autres moins. Si bien que certains matins, je pleurais pour rester à la maison... Je fis donc l'apprentissage de l'alphabet et des chiffres durant cette période et la véritable première année me parût ennuyeuse. Ce que j'aimais le plus je crois c'était d'être avec mon frère et ma soeur. Aujourd'hui, ce frère n'est plus mais mil et un souvenirs charmants viennent me hanter et parfois je sens encore sa main dans ma petite main.

    Par Irène Saint-Pierre
  • petite école de rang

    St-Georges. Moi étant jeune nous devions faire 2 milles à pieds pour aller à l'école et comme nous étions les derniers habitants du rang quand nous partions le matin tôt nous "ramassions" tous les autres amis(es) chemin faisant pour l'école et ça nous permettait de nous amuser tout le long du chemin et l'hiver surtout nous avions beaucoup de neige comparé à aujourd'hui sauf cette année et c'était le bonheur total de mes jeunes années car j'ai été élévée sur une ferme où il y avait 56,000 choses agréables à faire. Je n'ai que de bons souvenirs de ma tendre enfance. bonne journée à tous. Gaétane

    Par Gaétane Bélanger
  • Souvenirs impérissables de ma premiere année d'école

    Sorel-Tracy. Dès le tout premier jour de classe, j'ai aimé aller à l'école! De nouvelles amies, une enseignante divine, chaleureuse et souriante (Mme Marcelle Brissette, de Tracy)dont le souvenir sera à tout jamais gravé dans ma mémoire! L'odeur des livres neufs! Les réglettes (amusantes et colorées ), la possibilité d'écrire au grand tableau, tout, vraiment tout faisait mon bonheur! Il faut dire que ma mère m'y avait bien préparée depuis un certain temps! Je connaissais par coeur chacune des lettres de l'alphabet, je récitais mon petit catéchisme, et les chiffres n'avaient plus de secret pour moi! Ce dont je me rappelle avec complaisance? Le coloriage du vendredi p-m , dans de beaux cahiers de Barbie (nouvelle création des années 60!) apportés par ma compagne de classe, Michèle Wilkie! Je voulais toujours me joindre à elle! Nous en rions ensemble encore aujourd'hui! Milles souvenirs de ma première année me viennent en tête! Mon amie Johanne Desrosiers, que je fréquente toujours, les gâteries et les récompenses de notre professeur à chaque occasion! La hâte de voir un nouveau collant dans mon cahier d'écriture ou de dictée! Comme j'ai aimé aller à l'école!...et dire que ma fille Annie-Claude est elle-même enseignante aujourd'hui, ce n'est sûrement pas un hasard!

    Par Suzanne Hudon
  • La récréation !

    St-Ambroise-de-Kildare. Jusqu'en 4e année, je suis allée à une école de rang à St-Félix-de-Valois. Celle-ci était située près d'une ferme. À chaque récréation, quand le temps le permettait, nous étions dehors. Comme il n'y avait pas de jeux comme aujourd'hui, nous regardions les vaches et comptions les "petits paquets " qu'elles laissaient sur le sol! C'était de l'apprentissage en sciences et en mathématiques non ?

    Par Joëlle Desmeules
  • Ma première année !

    Sherbrooke. Je me souviens encore de ma première année comme si c'était hier, il y a maintenant 50 ans. La peur et en même temps la joie de commencer l'école à 6 ans, reconduite par mes grandes soeurs qui me tenaient par la main. La première année fut celle de mes plus beaux souvenir. L'institutrice était douce et tendre. Elle me fit perdre la peur qui m'habitait.

    Un des beau souvenir était l'apprentissage du cathéchisme. Le curé de la paroisse faisait sa tournée une fois par année pour vérifier nos connaissances. Une fois, il nous a apportés des hosties non bénies pour nous encourager à l'école et nous faire connaître les hosties.  Il nous a expliqué la fabrication et l'utilisation de l'hostie qui, une fois bénite, contiendrait le corps de Dieu. Ceci m'avait beaucoup impressionnée que Dieu prenne aussi peu de place et pouvait être partout à la fois. Le curé avait ensuite distribué à toutes les petites filles, car en ce temps là les filles et les garçons étaient séparés, une poignée d'hosties brisées et non utilisables pour l'église. En faisant sa distribution, il m'oublia. J'étais beaucoup trop timide pour lui signaler donc je ne dis rien et j'avais le coeur gros. La petite fille du siège à côté de moi s'est aperçue qu'il m'avait oublié et lui a dit. Le curé m'a alors félicitée d'avoir été très raisonnable et de ne pas lui avoir dit moi-même que je n'en avais pas eu et il décida de me donner la balance du sac qu'il avait apporté. Je reçu alors quatre fois plus d'hosties que les autres élèves parce que j'étais restée silencieuse. Je fis beaucoup d'envieuses car en ce temps là, les gâteries étaient plutôt rares.

    À la fin de ma première année, j'appris que notre professeur que j'aimais tant se mariait. Je vidai entièrement ma petite banque et partit, avec la permission de ma mère, acheter un cadeau de noce à mon professeur. Je lui achetai une belle nappe avec tous mes sous. J'allai à pieds jusque chez elle pour lui remettre mon cadeau que je lui offrais afin de lui montrer combien je l'aimais.  Elle cru que ce cadeau venait de ma mère et me demanda de lui dire un gros merci de sa part. Je fut très déçue qu'elle imagine que ce cadeau venait de ma mère et non de moi, mais j'étais beaucoup trop timide pour lui avouer que j'avais retiré tous les sous de ma tirelire pour lui faire ce cadeau. Mais j'étais très heureuse de sa réaction de plaisir quand elle a vu la nappe que je lui avais choisie. J'avais réussi à lui faire plaisir et c'est ce qui comptait dans mon petit coeur d'enfant. Elle m'avait inspiré la confiance en moi et un bon départ à l'école et je l'en remercie encore aujourd'hui.

    Par Ginette Bélanger
  • Mon école

    Sept-Iles Côte Nord. J'ai souvenir de ces belles années: de mon école du milieu du rang, du vieux poêle qui m'a tant de fois réchauffée, de ces murs qui renferment mes rêves d'enfant. J'ai souvenir du grand tableau noir où on tracait des lettres comme on dessine des fleurs. En écrivant un matin, naquit en moi l'espoir d'écrire des poèmes avec ces mots si chers à mon coeur. J'ai souvenir du craquement des planches, du vent qui s'amuse à les faire frissonner. Elles en ont vu des pages blanches se couvrir de lettres, de mots griffonnés. J'ai souvenir de mon pupitre près du mur. C'était mon petit chez-moi depuis ma première année. Je lui ai si souvent confié mes écritures. Lui seul semblait comprendre ma joie d'écrire, de compter. Aujourd'hui, je n'ai qu'une petite photo de toi. Des arbres géants trônent sur ton dos. Un demi siècle a passé, mais je te garde en moi car c'est entre tes murs que j'ai compris la magie des mots.

    Par Jacqueline Gallant

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