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Mais le passé peut ne pas surgir aussi facilement. On peut se sentir bloquée. Pour s’aider, on regardera attentivement une photo de soi, bébé, ou petit enfant, puis on laissera venir les images... Quelque chose surgit soudain du passé, qui vous étonne et vous ravit à la fois: vous avez environ deux ans et vous tenez entre vos mains un petit bateau rose en plastique. Que vous l’aimiez, ce petit bateau qui flottait dans la baignoire où maman vous donnait votre bain!
Ce petit bateau rose, il m’appartient, chère lectrice. Ce n’est qu’un petit bateau rose, mais il me ramène en arrière, à d’autres souvenirs. Il a été témoin de moments très douloureux. Tout un pan de mon enfance me revient… Mais laissons parler la psychologue Marielle Bergeron: «Écrire sa vie permet de réconforter l’inconscient. Parfois, une simple photo fera surgir plein de souvenirs dramatiques. La mémoire affective stocke tout. Ces souvenirs, juxtaposés en couches successives, restent parfois des années emprisonnés dans l’inconscient. C’est que le corps libère seulement les émotions qu’on est capable d’absorber. Sinon, on risquerait d’être déstabilisé. Et puis, un beau jour, un élément déclencheur vous livre subitement ces souvenirs. Plongez-y. Respirez. Écrivez. Cela vous permettra de revivre, l’une après l’autre, des émotions que vous ne vous êtes pas permis de vivre lorsque les événements traumatisants se sont produits, de réconforter votre inconscient et de reconstruire en quelque sorte votre vie. Chaque événement s’apparente à un fil d’une toile d’araignée. Tous ces événements sont donc liés les uns aux autres : vous tirez sur un fil, puis sur un autre, avant de parvenir au nœud central, à la cause première. Votre aide dans ce processus de reconstruction de votre vie? Votre enfant intérieur, peut-être muselé et ficelé depuis très longtemps. Donnez-lui la main. Prêtez l’oreille attentivement: il ne parle pas fort et un rien peut le faire fuir. Laissez-vous émerveiller et diriger par lui dans cette reconstruction de votre vie.»
Vous dites peut-être: «J’ai beau observer à la loupe les photos de ma petite enfance, rien ne me revient!» En général, les personnes qui ont vécu beaucoup d’insécurité dans leur enfance ont peu de souvenirs. Elles ont occulté le passé afin de pouvoir s’adapter au quotidien. Tout ce qui leur reste, c’est l’émotion. Pour elles, il s’agira d’aller chercher les souvenirs à l’aide des émotions du présent. Durant les mois – et les années peut-être – où elles écriront leur autobiographie, elles scruteront leur quotidien: tout leur passé s’y trouve en filigrane.»