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Écrire sa vie: une aventure exaltante!

En écrivant sa vie, on se donne une chance extraordinaire de s'aimer davantage et de rectifier l'image que l’on a de soi, pour mieux continuer. Tentant, non?

Par Simone Piuze

Ecrire sa vie: une aventure exaltante
Photo Source:
© JupiterImages Corporation
Que diriez-vous de vous offrir un cadeau fait de votre main, et pour lequel vous disposez déjà de tout le matériel nécessaire : amours, haine, peurs, triomphes? Toute vie est riche, étonnante, intéressante. «Même la mienne?», direz-vous, sceptique. Oh oui! Aucune autre ne lui ressemble. Elle est unique. Il n’y a pas que les écrivains ou les gens célèbres qui ont le droit d’écrire leur biographie. Chaque être humain a une voix authentique qui peut raconter sa vie honnêtement, avec dignité et en détail. Tous ceux qui l’ont fait – écrivains reconnus ou pas – sont unanimes: écrire son histoire est thérapeutique. Cette aventure peut rectifier l’image fausse ou incomplète que l’on a de soi, et aider à s’approprier sa vie. Ce cadeau sublime que l’on s’offre, bien sûr, il ne coûte rien. Mais il demande du temps, de la patience, de la passion.

Puis, à la différence des gens célèbres qui se racontent, on n’écrit que pour soi. C’est dans cette optique que l’on relate les événements vécus et la manière dont on y a réagi, sans porter quelque jugement qu ce soit. Au fur et à mesure que l’on se souvient, on renoue avec la personne que l’on était plus jeune et dont on ressent toute l’énergie, toute la fraîcheur. Se laisser aller à la compassion parfois? Pourquoi pas, mais sans s’éterniser sur chacune des blessures, pas plus que sur chacune des joies d’ailleurs. «Il faut entreprendre son récit de vie comme si on se rendait en voiture d’un océan à l’autre, suggère l’auteure, cinéaste et professeure d’écriture autobiographique Julia Cameron dans son livre La veine d’or. Si l’on s’arrête à chaque site panoramique, on n’ira pas très loin. Ce qui est primordial, c’est d’être en mouvement constant. Écrivez rapidement et sans mise au point.» Des éléments manquent? Laissez des espaces et continuez.

Si on prend la peine de se raconter, ce n’est pas pour adhérer à «l’histoire officielle» de sa vie, celle qui nous a été transmise par des parents et l’entourage. Il faut passer par ses propres yeux pour faire la narration des péripéties de sa vie. Votre mère vous a toujours dit que la naissance de votre petit frère vous «avait enfin délivrée de votre solitude»? Vous savez très bien, vous, que son arrivée vous a rendue extrêmement jalouse. C’est ce qu’il faut écrire, afin d’exorciser cette période de votre vie. «François était beau comme un dieu, brillant, drôle, raconte un jour le timide Bernard. Dès sa naissance, on a commencé à m’oublier. Toute mon enfance a été marquée par la jalousie. Je me suis retenu souvent pour ne pas laisser éclater ma rage, pour ne pas dire à ma mère que je lui en voulais d’avoir mis au monde mon frère François…» C’est cette vérité-là, sa vérité, que Bernard doit écrire. Il versera peut-être quelques larmes, puis il poursuivra. Sans doute aussi qu’il se rappellera les bons moments passés avec ce même François, à jouer à l’ogre, à se rouler dans la neige… Cela également, il l’écrira.

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  • Roy - 5 novembre 2009

    Les beaux jeudis
    Jeudi, le 22 mai 2003, après quelques mois de visites hebdomadaires, je suis arrivée chez mon beau-père, Pierre Racicot, à Lachute vers 10h et je lui ai remis un article de Rima Elkouri de La Presse. Cet article, intitulé « Les Vieux Pianos » disait qu’il était dommage que les souvenirs se perdent et que les aînés devraient écrire leur histoire pour la laisser en héritage à leurs enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants.

    J’ai demandé à Pierre de lire l’article et pendant ce temps, je sortais « subtilement » mon cahier et mon stylo… un geste que j’allais répéter souvent par la suite. Quand il eut terminé, je lui ai demandé ce qu’il en pensait et sans vraiment attendre la réponse, je lui ai dit : « C’est aujourd’hui qu’on commence! »

    C’est avec humilité que j’ai reçu, semaine après semaine, non pas les confidences mais bien les souvenirs et les pensées de Pierre. Nous avons ri, nous avons pleuré, nous avons chanté! Nous avons fouillé les boîtes de documents, tous les albums de photos, visité le cimetière de Lachute où reposent plusieurs des « personnages » de son histoire, beaucoup parlé au téléphone, j’ai fait des recherches sur Internet pour préciser certains événements et dates.

    Pierre a choisi la carte de la vérité, jamais il ne s’est censuré. Nous avons porté ce secret ensemble et six ans plus tard, soit le 5 juillet 2009, Pierre pouvait enfin le livrer à sa famille avec tout son amour. Ce fut "une aventure palpitante" effet et un privilège pour moi de l’accompagner dans ce projet. Treize jours plus tard, Pierre, mon ami, mon beau-père, décédait des suites d’une très longue maladie en emportant avec lui une copie de son livre intitulé « Sans peur et sans pudeur ». Le 30 août, nous avons procédé, à titre posthume au lancement de sa biographie comme il l’aurait souhaité. Plus de 115 personnes étaient présentes.
    Lise

  • Marie-Nicole - 21 août 2008

    Comme Marie Laberge avait dit (Il ya des gens qui veulent écrire, il y a ceux qui écrivent.) ET bien moi,c'est fait...il y a déjà trois ans. J'ai fait de ma vie un roman qui a plu à tous les lecteurs. Selon moi, ce fut le plus beau cadeau que j'ai offert à ma famille, à mes enfants, encore plus à mes trois petits-enfants. Aucun regret...

  • Lyne Renaud - 16 août 2008

    J'y pense justement! J'ai toujours écrit le soir depuis que je suis jeune des phrases positives des moments difficiles tout ce que j'avais envie d'écrire. Je pense laisser un livre à mes enfants; c'est un bel héritage et une façon de faire un bilan de sa vie.

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