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Éblouissante Italie du Nord

Le nord de l’Italie dans la lumière dorée de l’automne... Une splendeur !

Par Louise Gaboury

Toscane
Photo Source:
© iStock

Je reconnais à peine Florence. Il n’y a pas de file interminable devant la Galerie des Offices. La place du Duomo est à peu près praticable. On peut réserver à la dernière minute une table pour quatre un samedi soir dans un restaurant très couru d’Oltrarno. La petite reine reprend ses droits sur la route du Chianti. Le lac de Garde redevient délicieusement romantique. Venise semble presque déserte. On doit être hors saison...

 

La belle Florence

Difficile de mettre en mots le bonheur que j’ai de retrouver cette ville où j’ai vécu pendant trois semaines il y a cinq ans pour apprendre l’italien : le majestueux Duomo, la piazza della Republica que je traversais tous les jours pour aller à l’école, les rues étroites, le ponte Vecchio, le Palazzo Pitti et les jardins de Boboli... Le marché de San Lorenzo, les fabuleux musées et les splendides églises, comme Santa Croce, Santo Spirito et San Miniato al Monte, me rappellent de jolis souvenirs, mais je découvre d’autres attraits, notamment le Palais Strozzi, la dernière cène de Ghirlandaio et l’une des plus anciennes pharmacies du monde, la très spectaculaire Officina farmaceutica di Santa Maria Novella, située près de l’église du même nom et de la gare. On y vend notamment des produits de beauté qu’utilisait, dit-on, Catherine de Médicis !

 

Lumineuse Toscane

La Toscane est plus lumineuse que jamais. Les vendanges sont terminées. Il n’y a pas trop de circulation sur la route du Chianti où les cyclistes du dimanche s’en donnent à coeur joie. À la toute fin d’octobre ou au début de novembre, selon le temps qu’il a fait, les olives sont prêtes à être cueillies. Quelques entreprises agricoles accueillent les visiteurs pour une démonstration de pressage et une dégustation d’huile nouvelle. Longue et sinueuse, la route du Chianti s’ouvre sur de magnifiques paysages de vignes dorées baignées dans une douce lumière et sur quelques villages anciens perchés dans les collines. Une halte à Grève in Chianti permet de visiter la macelleria Falorni, une charcuterie célèbre pour ses saucissons de porc et de sanglier, son jambon traditionnel toscan et ses produits à base de cinta sinese, le porc du Chianti élevé en liberté. Les voûtes médiévales spectaculaires de Castellina in Chianti, village viticole typique du Chianti, invitent à la découverte. Au cours d’une promenade, on passe devant quelques étalages de produits locaux avant d’arriver à la belle église San Salvatore.

Détour en Ombrie

Malgré toutes les beautés du Chianti, comme Sienne, Lucca, Arezzo et Montepulciano, San Gimignano et Montalcino, l’Ombrie voisine n’est pas en reste. Perugia, une ville étrusque déjà riche et puissante avant l’arrivée des Romains, est éblouissante. La superbe piazza IV Novembre s’impose comme l’une des plus belles places d’Italie. Y trônent la Fontana Maggiore (datant du XIIIe siècle), le Palazzo dei Priori (fin XIIIe, début XIVe) et la Galleria Nazionale dell’Umbria, l’un des plus importants musées de peintures de l’Italie. De là, il n’y a rien de mieux à faire que de se perdre dans les ruelles colorées de cette cité méconnue, où les visiteurs s’émerveillent à chaque carrefour devant l’architecture et le panorama. L’un des charmes de cette ville, c’est que les gens y vivent ! Sa beauté ne la limite pas au rôle de ville-musée. Avec ses remparts entourés d’oliviers, Assise, sa voisine, a gardé intacte son architecture médiévale. On y visite bien évidemment les églises qui en ont fait une destination internationale de pèlerinage : l’église Santa Chiara, dédiée à une sainte locale qui s’est inspirée des oeuvres de Saint- François d’Assise, et la fameuse basilique de San Francesco, véritable splendeur. Les fresques de Giotto valent à elles seules le détour.

 

J’ai pour toi un lac...

Le lac de Garde, le plus grand lac d’Italie, commence sa période d’hivernation en novembre et reprend vie en mars. Lieu de villégiature très couru, il a en cette saison le charme des stations de villégiature délaissées par les foules. Son microclimat agréable était déjà apprécié au temps des Romains. On peut toujours prendre un café sur une terrasse de Bardolino, une petite ville située sur la rive droite dans la partie sud du lac de Garde. La ville de Bardolino est notamment connue pour son vin. La famille Zeni a mis sur pied un petit musée du vin qui raconte l’histoire de la culture de la vigne dans la région. En saison, les villages qui bordent le lac sont desservis par toute une flottille de bateaux qui relient les villes riveraines entre elles. J’ai fait halte sur la péninsule de Sirmione, un endroit magnifique qui ravit les amateurs de magasinage, surtout pendant les soldes d’automne !

Venise, l’autre ville éternelle...

Le voyage s’achève sur une apothéose : Venise! En automne, à Venise, les gondoliers font des prix, les terrasses des cafés chics et trop chers de la place Saint-Marc sont désertes et les vaporetti ne sont pas trop surpeuplés. Alors que les 60 000 Vénitiens paraissent absents de la ville surpeuplée de touristes en été (autour de 20 millions de visiteurs chaque année), ils semblent en reprendre possession dans l’arrière-saison. Dans le Cannaregio, les gens du quartier se saluent. Ils font leurs courses au marché, poussent des landaus et promènent leur chien. On se rend compte qu’à Venise il y a, en plus des incontournables vendeurs de masques de carnaval, de verre de Murano et de cartes postales, des barbiers, des coiffeurs, au moins une quincaillerie et des boutiques où l’on vend des bottes de caoutchouc pour affronter l’Acqua Alta (l’eau haute des grandes marées). La place Saint-Marc est bien sûr spectaculaire et incontournable, mais les innombrables ponts, les ruelles traversées par des cordes à linge colorées et les placettes millénaires de Venise que l’on découvre au fil d’une promenade sans but, nous donnent un réel sentiment d’intimité avec la ville. C’est ce visage quotidien de la ville, encore plus visible en basse saison, que je préfère...

 

OÙ LOGER

La grande vie : les hôtels de la chaîne Sina, classés 4 ou 5 étoiles, proposent des chambres luxueuses et un service impeccable. Celui de Florence, le Villa Medicis, est situé à distance de marche du Duomo, et celui de Perugia domine la ville. www.sinahotels.com

 

 Agriturismo : ce sont des chambres ou de petits appartements le plus souvent aménagés dans d’anciens bâtiments de ferme sur des exploitations agricoles. Le Castello di Cafaggio, planté d’oliviers et de vignes, est situé en pleine campagne, à une quinzaine de minutes à pied du village d’Imprunetta, et à moins d’une trentaine de minutes de Florence par les transports en commun. www.castellodicafaggio.com Azienda Agricola Querceto di Castellina, une entreprise viticole située à Castellina in Chianti, propose la location de maisons confortables, dont une peut accueillir jusqu’à huit personnes : www.querceto.com

 

 Pratique et pas cher : oublions un peu le romantisme de Venise et pensons praticopratique : l’institut Ciliota représente sans doute l’un des meilleurs rapports qualité/prix de Venise. Les chambres et le petit déjeuner sont spartiates, mais on peut de là se rendre à la place Saint-Marc en quelques minutes : www.ciliota.it   

 

CHÈRE, L’ITALIE ?  

- À Florence, un souper de deux services, pâtes et plat principal, pour quatre personnes comprenant une bouteille de vin et une bouteille d’eau : 100 euros (160 $).

- Un billet de bus pour aller de Florence à Imprunetta : 1,2 euros (1,90 $).

- À Bardolino, un café à une terrasse : 2 euros (3,25 $), une bouteille de Soave, 6,80 euros (11 $), un Ripasso, 8,50 euros (13,50 $) et un Amarone, 20 euros (32 $).

- À Venise, un billet de vaporetto bon pour une heure : 6,5 euros (10,50 $), une passe pour 24 heures, 16 euros (25,50 $).

- Une petite pizza achetée dans une boulangerie, 1,8 euros (2,90 $) dans le Canareggio et 3 euros (4,80 $) près de la place Saint-Marc.

Mise à jour : octobre 2009

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Vos commentaires

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  • Célyne - 11 juillet 2010

    Vous me donnez l'eau à la bouche. J'y vais en novembre et j'ai de plus en plus hâte! Grâce à vous, je tenterai de voir une démonstration de pressage et une dégustation de l'huile d'olive. Merci

  • Marie - 21 janvier 2010

    J'étais en Italie il y a quelques mois. J'y suis allée pour deux semaines et j'en suis revenue tout autant éblouie que vous. C'est un pays magnifique et les gens y sont extrêmement chaleureux, beaux et attentifs. J'ai adoré chaque heure passée là-bas et j'y retournerais dès demain sans hésitation. Je suis allée en Italie du Centre surtout. Je ne suis restée qu'une seule journée à Florence et je n'ai pu tout voir c'est certain. Il y a tant de beautés dans cette ville qu'il aurait fallu au moins y passer 3-4 jours. Même chose pour Rome où il aurait fallu au moins une semaine. Malgré ça, je peux dire "J'y suis allée un jour." Et il y a Sienne, etc. etc.... J'en ai vu beaucoup mais il m'en reste beaucoup encore à voir. Pourtant, mon prochain voyage sera probablement la France. Le pays de mes ancêtres m'attire énormément et ce depuis longtemps... C'est un rêve que je caresse pour les prochaines années.

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