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«Une douleur telle que, par moments, je voulais mourir», dit-elle aujourd’hui. À quelques reprises, les ambulanciers sont venus la chercher à la maison, recroquevillée en position foetale, n’osant remuer un cil parce que tout mouvement, même minime, générait encore plus de douleur. C’est en état de choc qu’elle arrivait à l’urgence : pression artérielle au sommet et détresse cardiaque. Durant les années suivantes, elle est restée alitée, en proie à de vives douleurs, ou assise dans un fauteuil. «Essayez d’être mère de 4 enfants quand vous dormez 22 heures sur 24!», s’exclame-t-elle.
Elle insiste pour dire que la douleur détruit tout : travail, amitiés, loisirs, estime de soi, couples et familles… Elle dévaste comme une coupe à blanc. Par chance, dans son cas, ses proches l’ont supportée. «Mais je me détestais, ajoute-t-elle. J’étais l’horrible sorcière confinée à sa chambre et au salon, de mauvaise humeur, souffrante et dépressive. La douleur devient maître de notre vie et nous force à une traversée du désert pour laquelle nous ne sommes pas préparés.»
L’origine de la douleur
La douleur de Louise O’Donnell-Jasmin est loin d’être unique en son genre. Sur les 1 200 000 Québécois qui souffriraient de douleur chronique plus ou moins importante, 11 % endurent des douleurs semblables aux siennes. Parfois, on sait exactement d’où vient la douleur. Elle peut se déclarer à la suite d’un accident, en raison d’arthrite, d’un AVC, d’un mal de dos, de migraine, du zona. Elle commence ou bien subitement ou bien de façon progressive, et peut être intermittente ou constante. Elle peut toucher n’importe quelle partie du corps. Malgré ce que font les médecins pour la soulager, elle persiste.
D’autres fois, les médecins cherchent minutieusement, mais ne trouvent pas. Chez Louise O’Donnell-Jasmin, tous les tests sont aujourd’hui normaux et son nerf trijumeau est guéri depuis longtemps. Mais… le mal persiste ! Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de traitement. La douleur de Louise est aujourd’hui sous contrôle. Grâce à la méthadone et au cannabis sous forme de vaporisateur, elle mène une vie à peu près normale. Ses médicaments l’affectent un peu; elle oublie toutes sortes de petites choses : sa mère au restaurant, ses enfants à l’arrêt d’autobus scolaire… Mais ces inconvénients ne sont rien en comparaison de la vie et de l’énergie qui irriguent de nouveau ses veines.
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