Si vous avez l’impression de perdre votre acuité auditive, il vaut mieux en parler au médecin. Règle générale, il vous orientera vers un ORL. Ce spécialiste commencera par un examen clinique et s’assurera que vos problèmes auditifs ne sont pas reliés à une maladie de l’oreille ou à un bouchon de cérumen, cet épais liquide jaune sécrété par l’oreille, qu’il retirerait, le cas échéant. Il vous orientera ensuite au besoin vers un audiologiste.
Ce spécialiste des troubles de l’audition effectuera un audiogramme. Il s’agit de tests cliniques en cabine audiométrique insonorisée. Un test tonal permet d’évaluer les pertes d’audition et un test vocal évalue la capacité à discriminer les sons de la voix humaine. «Outre ces examens, nous évaluons aussi les pertes fonctionnelles, explique Rachel Dion, audiologiste à l’Institut Raymond-Dewar. Par exemple, entend-il les sonneries du réveil, de la porte? A-t-il de la difficulté à converser au téléphone? Est-il sujet à des acouphènes qui le perturbent? Éprouve-t-il des difficultés au travail?» Aux termes de cette évaluation globale, l’audiologiste recommandera, selon les cas, une aide de suppléance à l’audition ou le recours à une prothèse auditive.
Cette fois, c’est l’audioprothésiste qui entre en scène. En se basant sur une évaluation des besoins du patient, de ses habitudes de vie et sur les résultats de l’audiogramme, il proposera l’appareil auditif le mieux adapté. Choix de l’appareil, prise d’empreinte et mise en place nécessitent en général deux ou trois rendez-vous et une période d’essai d’environ 30 jours aux termes desquels les ajustements nécessaires sont faits.
Aides auditives
De plus en plus miniaturisées et discrètes, les prothèses numériques, qui ont fait leur apparition en 1996, sont bien plus performantes que les prothèses analogiques que l’on offrait jusque-là. Et nous en sommes déjà à la huitième génération de ces appareils que l’on ne cesse de raffiner. «Les prothèses analogiques agissaient comme de simples amplificateurs et transmettaient un son métallique. L’arrivée du numérique a tout changé, explique Steve Forget, président du Groupe Forget audioprothésistes. Le son reproduit s’approche de celui d’une chaîne haute-fidélité. Ce sont de véritables petits ordinateurs, programmés selon les besoins du patient. Les modèles haut de gamme offrent jusqu’à 30 canaux différents permettant de distinguer avec précision autant de sons différents. Mais même des modèles standards font une distinction entre la voix et les bruits ambiants ou encore offrent une écoute directionnelle priorisant la voix ou les sons devant soi.»