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Il est normal de s’inquiéter. On s’inquiète tous à un moment ou l’autre, le plus souvent avec raison. Le fait d’être conscient du danger qui rôde, d’avoir des réactions d’alerte, nous conduit à regarder avant de traverser une rue! Mais il y a s’inquiéter et... trop s’inquiéter.
Si, un matin, on se découvre une bosse à l’aisselle, on s’inquiète. Malaise, poussée d’anxiété, on décide d’agir, de prendre rendez-vous avec le médecin, de passer des examens pour savoir ce qu’il en est. Ou bien on s’en fait pendant des heures : et si c’était un cancer? Et s’il n’y a pas de traitement? Et si l’on allait mourir? Lancé dans un long monologue modulé par une kyrielle de «si», on vit déjà la catastrophe avec toutes les sensations physiques et psychologiques d’anxiété qui lui sont associées, ce qui nous laisse épuisé et démoralisé.
Dans le premier cas, notre inquiétude est productive. Fondée sur une situation concrète – il y a une bosse qui peut avoir des incidences sur notre vie –, elle nous aide à prendre des décisions, à résoudre le problème, à faire face à la menace.
Dans le second cas, l’inquiétude nous paralyse. Coincé dans le dédale de terribles conjectures, on se fait du mauvais sang, on rumine, on piétine.
Vous êtes convaincu que le fait de vous inquiéter est un trait de votre personnalité? Que le fait de vous soucier de votre situation financière, de votre santé et de celle des autres, de votre travail, de votre famille, de vos relations, de votre sécurité, de la criminalité, de tout et de rien... témoigne d’altruisme? Qu’en envisageant le pire, vous vous en protégez?
«À partir du moment où notre entourage nous dit que l’on s’inquiète trop, il faut se questionner, soutient Lynda Bélanger. Qu’est-ce que ça nous donne de nous faire tant de souci? Sommes-nous plus heureux? Plus efficaces? Quelle est la place de l’inquiétude dans notre vie?»