Chez nous, selon une étude de Léger Marketing publiée à l’automne 2008 dans Le Devoir, 68 % des Québécois disent mettre la relation amoureuse au sommet de leurs priorités, mais 65 % des répondants considèrent toutefois que vivre en couple n’est pas une condition essentielle au bonheur; une personne vivant seule avec un bon réseau d’amis et une famille aimante a autant de chances d’être heureuse. C’est d’aimer, d’être aimé et de communiquer avec les autres qui importent. Dans leur étude, les chercheurs de Bruxelles Elchardus et Smits ont même démontré que les gens qui parlent souvent avec leurs voisins ont un indice de bonheur plus élevé que les autres!
Et l’argent?
L’argent ne fait pas le bonheur, même s’il y contribue, et ce ne sont pas des philosophes qui le disent, mais des économistes, qui sont de plus en plus nombreux à examiner le bonheur avec des lunettes comptables. Bonheur: leçons d’une nouvelle science, voilà d’ailleurs le titre révélateur d’un livre publié en 2005 par Richard Layard, une sommité de la London School of Economics. Il joint ainsi les rangs de centaines d’économistes de renom qui pèsent, mesurent, chiffrent et évaluent le bonheur. Leurs conclusions sont parfois surprenantes...
Ainsi, on apprend que si le bonheur ne s’achète pas, il lui faut cependant un salaire. On a même fixé une sorte de salaire minimum du bonheur. Ce sont les Prix Nobel d’économie de 2002, Daniel Kahneman et Alan Krueger, de l’Université de Princeton aux États-Unis, qui l’ont chiffré: 55 000 $ par année pour une famille de 4 personnes. Au-dessous de ce seuil, le casse-tête de la survie prend le dessus, réduisant considérablement le potentiel d’être heureux.