Mais pourquoi certaines personnes semblent-elles plus douées pour le bonheur que d’autres? Notre aptitude au bonheur dépend-elle de nos gènes? De nos hormones? Bref, sommes-nous tous égaux face au bonheur?
Pas tout à fait égaux, répondent les experts. La génétique et nos hormones auraient leur mot à dire. De fait, on a déjà identifié les gènes responsables de la quantité de sérotonine dans le cerveau. Cette hormone joue un rôle primordial dans la régulation de l’humeur, elle contribue aux fonctions cognitives et stimule le désir. Un déséquilibre de la sérotonine peut, par conséquent, réduire le potentiel de bonheur.
Autre hormone au banc des accusés: le cortisol. Cette fois, le responsable n’est pas la génétique, mais le stress! Or, plusieurs études cliniques, dont celle de la psychiatre française Chantal Henry, ont révélé que si le taux de cortisol grimpe de façon répétée ou continue, il réduit le nombre de certains récepteurs hormonaux, notamment ceux qui fixent la sérotonine.
Une solution? La méditation. Voilà la conclusion des recherches de Richard Davidson, professeur de psychiatrie à l’Université du Wisconsin. Ce dernier a défrayé la manchette scientifique pour avoir mesuré l'activité électrique cérébrale de moines bouddhistes en méditation. Il a démontré que le bonheur est un état de bien-être relié à l'activité du cortex préfrontal gauche. Or, la maîtrise de soi et la sensation de bien-être qui résultent de la méditation activent les lobes préfrontaux du cortex cérébral gauche, siège de la conscience et du contrôle des émotions. Cela stimule aussi les circuits de gratification, à base de dopamine, provoquant cette sensation de bien-être. La production de cortisol due au stress cesse, la sérotonine se régularise. Retour à la case bonheur!
Voilà pourquoi les tenants de la psychologie positive soutiennent que l’on peut développer stratégies et habiletés pour être plus heureux : aller vers les autres, développer son estime de soi, modifier sa perception des événements...
Aimer pour être heureux
Que l’on soit au Danemark, en Amérique latine, en France ou au Canada, le réseau d’amis, l’entraide sociale, l’appartenance à un groupe, la vie de famille jouent un rôle primordial pour le bonheur et même pour la santé. Et il n’y a pas que les psychologues qui le disent, les neurobiologistes peuvent même documenter les effets physiologiques positifs des relations affectives.
Et l’amour? Faut-il être deux pour être heureux? Les gens qui vivent en couple seraient en général plus heureux, soutiennent de nombreuses études. Mais beaucoup de psychologues mettent un bémol à ces données. Si le sentiment amoureux rend heureux ou euphorique, il n’en est pas toujours ainsi de la vie à deux. D’une part, la qualité des relations influence le bonheur; d’autre part, les gens heureux ou malheureux après un divorce ou un mariage ne l’étaient-ils pas lorsqu’ils étaient mariés ou célibataires?