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Hormonothérapie: oui ou non? (suite)

Par Suzanne Décarie

Pistes de réflexion
Pour minimiser les désagréments de la ménopause, on révise d’abord ses habitudes de vie : alimentation saine, poids santé, abandon du tabagisme, activité physique, consommation modérée d’alcool... Malgré tout, certaines femmes seront aux prises avec des symptômes incommodants. Plusieurs se tournent alors vers les produits naturels, «même si les études montrent qu’ils sont aussi efficaces qu’un placebo», note le Dr Fortier. «S’ils soulagent, pourquoi s’en priver ?», demande pour sa part Sylvie Dodin qui suggère toujours à ses patientes qui présentent des symptômes moyens d’essayer les Oméga-3 (3 doses de 1 g par jour) et le millepertuis (500 mg 3 fois par jour), avant de se tourner vers l’hormonothérapie. On essaie une chose à la fois pendant au moins huit semaines pour être en mesure de voir s’il y a des résultats, et lesquels.

«On vient de faire une étude aux résultats intéressants avec le millepertuis, remarque-t-elle. On note une amélioration de la qualité de vie, des humeurs, du sommeil et des bouffées de chaleur, mais jamais autant qu’avec l’hormonothérapie. On a aussi des résultats avec les Oméga-3 qui ont des effets sur les bouffées de chaleur, tout en ayant un profil de bénéfices pour les maladies cardiovasculaires.» Si la sécheresse vaginale est le principal symptôme, «on le traite efficacement avec des produits hormonaux, assure le Dr Fortier. Comme l’application est locale, les hormones ne sont pas absorbées dans le système.»

HT: pour qui ?

Toutes les femmes n’ont pas besoin d’hormonothérapie. «Environ 20 % des femmes traversent la ménopause sans aucun symptôme, alors qu’un autre 20 % éprouvent des symptômes si sévères qu’elles ne s’endurent plus, soutient le Dr Fortier. Il reste quelque 60 % de femmes qui ont des symptômes moyens, assez importants pour que certaines demandent un soulagement, alors que d’autres les endurent.»

«En général, le corps s’habitue à son nouvel état hormonal, explique la Dre Dodin. Dans les trois ou quatre ans qui suivent l’arrêt des règles, les femmes qui ont des symptômes pas trop dérangeants les verront s’estomper ou s’y habitueront.» Les bouffées de chaleur sont le symptôme le plus associé à la ménopause. Les troubles du sommeil, les sautes d’humeur, l’irritabilité, l’anxiété, les pertes de mémoire, les problèmes de concentration, la sécheresse vaginale, la fatigue, la baisse de libido, le gain de poids font aussi partie du portrait. Il revient à chacune d’évaluer à quel point ses symptômes perturbent sa qualité de vie et de discuter avec son médecin des risques et bénéfices de l’hormonothérapie. «Celles qui la craignent peuvent très bien l’essayer pendant quelques mois pour voir si ça améliore leur qualité de vie, suggère la Dre Dodin. Bouffées de chaleur, troubles du sommeil, troubles de l’humeur : chez certaines, les résultats sont spectaculaires.

Nous prescrivons maintenant des doses deux fois plus faibles que celles que l’on donnait dans la fameuse étude américaine. On a donc moins de chances d’accroître le risque de cancer du sein.» Comme ce risque augmente après quatre ans d’hormonothérapie, on la donne le moins longtemps possible. «À l’arrêt de l’hormonothérapie, une femme sur deux verra ses symptômes diminuer doucement et devenir tolérables», constate la Dre Dodin. Celle dont les symptômes perturbants persistent réévaluera avec son médecin les risques et les avantages d’une reprise du traitement. «C’est du cas par cas», insiste le Dr Fortier qui rappelle que plusieurs femmes ont délaissé les hormones et se sont mis à prendre des somnifères et des antidépresseurs pour traiter leurs symptômes... «C’est question de choix éclairé, conclut la Dre Dodin. Des risques, on en prend chaque jour !»

Pour faire image

Le Dr Michel Fortier compare la ménopause à l’atterrissage d’un avion. L’avion décolle, c’est la puberté. Il lui faut une trentaine de minutes de montée, avant d’atteindre son altitude de croisière : c’est l’adolescence, qui dure de six à huit ans. Puis il file, avant d’amorcer sa descente, qui prend
aussi une trentaine de minutes : ce sont les six à huit ans de la périménopause qui se manifeste généralement entre 40 et 45 ans par l’apparition de certains symptômes. L’avion touche terre, c’est la ménopause : les ovaires ne fonctionnent plus, les règles ont disparu depuis 12 mois consécutifs.


Mise à jour : juin 2009

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  • Brodeur France - 1 juillet 2010

    Je suis tout à fait en accord avec le commentaire de la dame qui a écrit au sujet de l'hormonothérapie BIO-IDENTIQUE le problème c'est que les médecins, gynécologues et les médias, ne font pas la différence entre les hormones de synthèses qui ne sont pas identique à nos hormones, celles que notre corps produisent et celles dites bio-identiques qui elles le sont!!! Ajouter à ça une étude mal faites, un ton alarmistes de la part de la WHI et la sauce panique est prête!!! En attendant, les médecins laissent les patientes en préménopause et en ménopause dans un état de souffrance qu'on ne peut même pas imaginer!!! Je suis certaine que parfois les animaux sont mieux traités que les humains!!! Je suggère aux gens de s'informer, de faire attention par contre aux arnaques sur les crèmes bio-identiques car elles ne sont pas brevetées et donc ça ouvre la porte aux profiteurs. Quelques livres à lire donc; la sagesse de la ménopause par C. Northrup, le livre de S. Demers. surtout le livre du docteur John R. Lee et il y a des sites internets bien faits qui nous informent très bien.... En espérant que les gens puissent faire comprendre aux médecins la différence entre synthétique et bio-identique!

  • Joanne Fiset - 11 juin 2009

    Après avoir lu le livre du Dr Sylvie Demers intitulé Hormone au féminin - Repenser votre santé, je suis étonnée de constater que selon cet article, il est toujours question d'arrêter l'hormonothérapie après quelques années (4 ou 5 ans). Alors que dans le livre en question, il n'y a aucun risque de continuer l'hormonothérapie durant sa vie entière, à condition de prendre les bonnes hormones bioidentiques transdermiques et de la progestérone, soit de l'Estradiol 17-B. C'est supposé être une hormone naturelle que notre corps produit durant notre vie. De plus pourquoi c'est risqué de débuter une hormonothérapie après 5 ou 6 ans? Alors, qui devrais-je croire? Pourquoi qu'entre médecins il y a contradiction sur l'hormonothérapie féminine? Merci de me répoondre

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