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Divorce: le rĂŽle des grands-parents

Le divorce provoque souvent des tensions familiales difficiles à gérer. Dans la tempête, les grands-parents sont soit tiraillés entre les rôles de témoins distants et d’acteurs impliqués, soit exclus malgré eux. Le mot d’ordre? Les petits-enfants d’abord.

Par Manon Limoges

Grands-parents divorce
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© Istockphoto.com
Dans l’étude Être grand-parent au Canada, menée en 2000, pour l’Institut Vanier de la famille, les chercheurs Carolyn J. Rosenthal et James Gladstone précisent que dans un scénario idéal, les grands-parents peuvent décider, en accord avec leur enfant, du rôle qu’ils souhaitent assumer auprès de leurs petits-enfants pendant et après les procédures de divorce. Dans certains cas, le divorce de leur enfant sera même l’occasion de renforcer leur lien avec les petits-enfants, entre autres, en les voyant plus souvent et sur de plus longues périodes. Malheureusement, ces conditions idéales ne sont pas toujours réunies. Le divorce, loin de se résumer à des procédures juridiques, entraîne souvent les grands-parents dans des conflits interpersonnels qui risquent fort de compromettre cette précieuse relation avec les petits-enfants.

Une saine distance
De nombreuses études ont démontré que le divorce est une transition émotionnelle douloureuse pour les petits-enfants. Il peut créer chez eux un sentiment de tristesse, de nostalgie, d’anxiété, de regret, voire de culpabilité. Dans un tel contexte, le contact avec les grands-parents peut leur être bénéfique, surtout s’il était déjà nourrissant avant le divorce des parents.

Selon la psychologue Paule Lamontagne, il n’y a pas 56 façons de maintenir ce lien intact: «Les grands-parents doivent résister à la tentation de s’impliquer dans le conflit qui mobilise les parents. Ils ne doivent pas prendre partie en faveur de l’un ou de l’autre, et ne doivent surtout pas partager leurs opinions d’adultes avec les petits-enfants, du genre "c’est la faute de ta mère si…"», explique-t-elle.

Loin d’être une recette magique, ce rôle d’observateur bienveillant demande du travail et une volonté à toute épreuve parce que devant le divorce de leur enfant, les grands-parents sont confrontés à leurs propres croyances et jugements de valeur. Ils sont émotionnellement impliqués, qu’ils le veuillent ou non.

«Certains considèrent le divorce de leur enfant comme un échec personnel. Ils peuvent alors être tentés de couper le contact avec cet enfant qu’ils considèrent fautif, ce qui ne facilitera pas le maintien du lien avec les petits-enfants», poursuit Paule Lamontagne.

D’autres encore ne pourront pas s’empêcher de prendre partie pour l’un ou l’autre des deux parents durant le processus d’attribution de la garde des enfants, surtout si un des deux parents est «blâmé» pour un comportement jugé inapproprié.

Par ailleurs, quand le divorce est suivi d’une nouvelle union, avec un nouveau conjoint et de nouveaux petits-enfants, Paule Lamontagne invite les grands-parents à faire preuve d’ouverture, de tolérance et d’équité à l’égard de tous les membres de la famille recomposée.

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