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Vieillir: le plaisir croit avec l’usage

Vieillir, c’est savoir mieux et oser plus, c’est découvrir et se laisser être avec plus de bonheur et moins de contraintes.

Par Suzanne Décarie

Vieillir : qunad le plaisir croit avec l'usage - bonne
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© JupiterImages Corporation
Vieillir est inéluctable. Une fois le choc encaissé, les pertes et les transformations acceptées, on s’aperçoit que l’âge a ses avantages. Plus confiant, souvent plus indulgent envers soi-même et envers les autres, on se connaît mieux. Il faut parfois des années pour cesser de lutter contre sa nature et s’accepter tel que l’on est, ce qui ne veut pas dire que l’on ne cherche pas à s’améliorer, mais que l’on cesse de vouloir être un autre…

On assume enfin qui on est et on peut dire ce qu’on pense sans perdre l’affection de ses proches. «Je n’ai plus besoin de prouver quoi que ce soit : il me faut juste faire ce que je fais avec plus de légèreté (mais pas avec moins de sérieux), avec plus de gaieté. Toujours avec davantage d’exigences, mais sans trop de tension», écrit la traductrice et romancière brésilienne Lia Luft dans Pertes et profits, la maturité. Elle avoue d’ailleurs s’amuser beaucoup plus à 65 ans qu’avant, et dans le travail d’abord. «La vie ne doit pas s’arrêter, il faut voyager avec elle et ne pas être frappé de paralysie ni rester en arrière», poursuit-elle.

Du temps pour soi
Plus léger, libéré de bien des contraintes, on a enfin du temps pour soi. Les inéluctables chagrins et deuils de la vie, ces étapes douloureuses, peuvent être suivis d’un certain soulagement. Les enfants sont partis ? Nous voilà disponible, prêt à découvrir une foule de choses que l’on n’avait ni le loisir ni la sagesse d’apercevoir auparavant ! En avançant en âge, on ressent plus que jamais l’urgence de se concentrer sur l’essentiel, et de vivre, bien. On se défait de ce – et parfois de ceux – qui nous encombre pour renouer avec ses rêves anciens, pour assouvir ses désirs.

Comme l’a fait cette dame qui participait à un atelier sur Le Meilleur de soi – titre de l’ouvrage y faisant suite, paru aux Éditions de l’Homme – que donnait le psychanalyste Guy Corneau sur l’élan créateur. Elle avait toujours voulu peindre, raconte le psychanalyste, mais s’était retenue en se disant que l’on ne commence pas à 50 ans… Mais un jour, lasse de se sentir constamment frustrée et de mauvaise humeur, elle s’est inscrite à un atelier de peinture qui a changé sa vie… Elle s’est alors appliquée à «mettre de la couleur» dans son couple, dans son travail, dans toute sa vie. En se permettant de faire ce qu’elle aimait, elle a transformé son univers et celui de ses proches, ce que son mari a confirmé : il ne l’avait jamais vue de si bonne humeur, si attentive à leur relation.


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