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Soins de longue durée: ce qu’il faut savoir (suite)

Par Olev Edur

Les soins à domicile, un secteur en expansion
La situation n’est toutefois pas aussi sombre qu’on le pense. Depuis quelques années, avec les pressions exercées sur le système de santé, les soins à domicile sont progressivement devenus, tant pour des motifs philosophiques que pratiques, une solution de rechange aux soins très coûteux offerts en établissement.

L’Association canadienne de soins et services à domicile (ACSSD) a accueilli favorablement le rapport du Conseil canadien de la santé déposé au début de 2008 et intitulé Refaire le fondement. Dans ce document, le Conseil réaffirme l’engagement du gouvernement en ce qui concerne les soins à domicile. De fait, on y note une très forte demande, voire une préférence, pour ce type de soins. En effet, le nombre de personnes bénéficiant de soins à domicile a augmenté de presque 100 % de 1995 à 2006 pour atteindre environ un million de Canadiens. Cette tendance a donné lieu à la création d’une diversité de programmes destinés à aider toutes les personnes souffrant de maladies chroniques ou d’un handicap – et non seulement les retraités – à vivre le plus longtemps possible chez elles et au sein de la collectivité.

Le rôle des aidants naturels
Cette valorisation des soins à domicile s’est traduite par une charge de travail de plus en plus importante pour les aidants naturels, habituellement des membres de la famille, ce qui occasionne parfois des situations pénibles. Une récente étude de Statistique Canada intitulée Concilier la carrière et les soins a révélé que plus de 1,7 million de Canadiens de 45 à 64 ans ont prodigué des soins informels à près de 2,3 millions de personnes âgées ayant des incapacités ou des limitations physiques chroniques. La majorité de ces aidants travaillaient et nombre d’entre eux, surtout ceux occupant un emploi à temps plein, avaient l’impression de se trouver entre deux feux.

Beaucoup ont déclaré se sentir coupables, estimant qu’ils devraient faire davantage pour ceux qu’ils aidaient, ou qu’ils pourraient mieux les aider. «Chaque jour, nous rencontrons des aidants familiaux qui veulent ce qu’il y a de mieux pour leurs proches vieillissants, mais ne savent pas comment s’y prendre, indique Sharon Galway, infirmière et propriétaire de l’établissement Home Instead Senior Care, à North York. Cette génération de personnes âgées vit plus longtemps. Leurs enfants élèvent encore leur famille et ne sont pas préparés pour répondre aux besoins de leurs parents vieillissants. Ces aidants familiaux vivent un stress constant.»

Ainsi, dans le cadre d’une étude menée par Home Instead (l’un des plus grands fournisseurs de services en soins à domicile pour les personnes âgées) auprès de 8 000 aidants naturels, 91% des répondants déclaraient avoir connu des épisodes d’irritabilité ou d’anxiété, 73% avaient eu des troubles du sommeil et 56% avouaient s’être impatientés plus fréquemment.

L’étude de Statistique Canada permet aussi d’en savoir plus sur les besoins des aidants. Lorsqu’on leur demandait ce qui leur serait le plus utile pour continuer d’aider leurs proches, la majorité d’entre eux, surtout ceux qui devaient composer avec un horaire de travail chargé et des soins d’intensité élevée, répondaient le plus souvent qu’ils aimeraient pouvoir se faire remplacer de temps à autre.

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