- Photo Source:
- © Istockphoto.com
Évidemment, vivre chacun sous son toit exige une certaine adaptation. Madeleine se souvient d’avoir ressenti quelques appréhensions au cours des premières années de sa relation avec Dominique. «Vivre en étant séparés demande beaucoup de confiance mutuelle. Au début, j’étais inquiète, m’avoue-t-elle. Dominique a toujours été un très bel homme qui plaît énormément aux femmes. Mais le temps m’a démontré qu’il s’agissait d’un type honnête et très respectueux envers notre relation.»
En effet, garder chacun son toit ne veut pas dire être infidèle ! «Il faut néanmoins être capable de clarifier dès le départ ses valeurs, d’afficher une transparence, une ouverture envers l’autre», conseille la psychologue Micheline Dubé qui voit de plus en plus de baby-boomers adopter ce mode de vie. «Ce sont souvent des gens qui ont vécu un échec amoureux très difficile à la suite d’un premier mariage. Certains y ont même laissé bien des plumes… Maintenant qu’ils vivent seuls, plus question d’endurer ce qu’ils ont vécu pendant de longues années ! Chacun veut garder son territoire chèrement acquis», poursuit Micheline Dubé qui se demande même si ces couples sans domicile commun n’ont pas justement trouvé la solution gagnante.
À ce sujet, même Madeleine, qui a vécu de dures épreuves à la mort de son époux, avoue s’être épanouie davantage en redevenant «célibataire». «Comme plusieurs femmes, j’ai longtemps agi en fonction de mon mari. Quand je me suis retrouvée veuve à 35 ans, j’ai dû prendre confiance en moi. J’ai commencé à pratiquer plein d’activités : ski de fond, ski alpin, golf, vélo… Je fais aussi partie d’une chorale. Des activités auxquelles mon conjoint actuel, Dominique, ne souhaite pas participer de façon régulière. Et puisque je ne veux pas non plus lui imposer les activités qui me lient à ma famille, il vaut mieux vivre chacun de son côté», ajoute la pimpante grand-mère qui trouve pleinement son compte au sein de cette vie autonome.
Le prix à payer
Cette indépendance, toutefois, a un prix. Aux yeux de la psychologue Julie Pelletier, l’amour en parallèle demeure un luxe que ne peut pas s’offrir qui veut. Pour profiter des avantages d’une relation chacun-sous-son-toit, les deux partenaires doivent avant tout bénéficier d’une solide autonomie financière. C’est en double, en effet, que l’on paie alors l’hypothèque ou le loyer, les dépenses reliées à l’automobile, les factures d’électricité, de téléphone, de câble... Des dépenses individuelles qui peuvent facilement atteindre plus de 15 000 $ par année.
Un sacrifice que les principaux intéressés acceptent d’emblée afin d’entretenir la flamme amoureuse et d’éviter les pièges du quotidien. «Les jeunes couples de 20 ans ont encore l’illusion de la relation parfaite. À 50 ans, on n’a pas nécessairement envie de recommencer ce qui n’a pas fonctionné une première fois. Et, il faut l’avouer, tout le monde vieillit. Certains conjoints hésitent à s’embarquer de nouveau dans la vie de couple par crainte que l’autre se retrouve gravement malade», explique Julie Pelletier.