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S'aimer chacun sous son toit (suite)

Par Claudine Hébert

S’aimer
 chacun sous son toit
Photo Source:
© Istockphoto.com
La nécessaire adaptation
Évidemment, vivre chacun sous son toit exige une certaine adaptation. Madeleine se souvient d’avoir ressenti quelques appréhensions au cours des premières années de sa relation avec Dominique. «Vivre en étant séparés demande beaucoup de confiance mutuelle. Au début, j’étais inquiète, m’avoue-t-elle. Dominique a toujours été un très bel homme qui plaît énormément aux femmes. Mais le temps m’a démontré qu’il s’agissait d’un type honnête et très respectueux envers notre relation.»

En effet, garder chacun son toit ne veut pas dire être infidèle ! «Il faut néanmoins être capable de clarifier dès le départ ses valeurs, d’afficher une transparence, une ouverture envers l’autre», conseille la psychologue Micheline Dubé qui voit de plus en plus de baby-boomers adopter ce mode de vie. «Ce sont souvent des gens qui ont vécu un échec amoureux très difficile à la suite d’un premier mariage. Certains y ont même laissé bien des plumes… Maintenant qu’ils vivent seuls, plus question d’endurer ce qu’ils ont vécu pendant de longues années ! Chacun veut garder son territoire chèrement acquis», poursuit Micheline Dubé qui se demande même si ces couples sans domicile commun n’ont pas justement trouvé la solution gagnante.

À ce sujet, même Madeleine, qui a vécu de dures épreuves à la mort de son époux, avoue s’être épanouie davantage en redevenant «célibataire». «Comme plusieurs femmes, j’ai longtemps agi en fonction de mon mari. Quand je me suis retrouvée veuve à 35 ans, j’ai dû prendre confiance en moi. J’ai commencé à pratiquer plein d’activités : ski de fond, ski alpin, golf, vélo… Je fais aussi partie d’une chorale. Des activités auxquelles mon conjoint actuel, Dominique, ne souhaite pas participer de façon régulière. Et puisque je ne veux pas non plus lui imposer les activités qui me lient à ma famille, il vaut mieux vivre chacun de son côté», ajoute la pimpante grand-mère qui trouve pleinement son compte au sein de cette vie autonome.

Le prix à payer

Cette indépendance, toutefois, a un prix. Aux yeux de la psychologue Julie Pelletier, l’amour en parallèle demeure un luxe que ne peut pas s’offrir qui veut. Pour profiter des avantages d’une relation chacun-sous-son-toit, les deux partenaires doivent avant tout bénéficier d’une solide autonomie financière. C’est en double, en effet, que l’on paie alors l’hypothèque ou le loyer, les dépenses reliées à l’automobile, les factures d’électricité, de téléphone, de câble... Des dépenses individuelles qui peuvent facilement atteindre plus de 15 000 $ par année.

Un sacrifice que les principaux intéressés acceptent d’emblée afin d’entretenir la flamme amoureuse et d’éviter les pièges du quotidien. «Les jeunes couples de 20 ans ont encore l’illusion de la relation parfaite. À 50 ans, on n’a pas nécessairement envie de recommencer ce qui n’a pas fonctionné une première fois. Et, il faut l’avouer, tout le monde vieillit. Certains conjoints hésitent à s’embarquer de nouveau dans la vie de couple par crainte que l’autre se retrouve gravement malade», explique Julie Pelletier.

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  • Lucille - 24 janvier 2010

    Nous avons vécu en famille recomposée, dans sa maison, pas tout à fait deux ans. À ce moment, ma fille avait 10 ans et lui avait une fille de 10 ans et un garçon de 13 ans. Durant de ces deux années je me suis senti de plus en plus opressée et envahie. Je suis partie avant que tout se gâche. Aujourd'hui nous nous fréquentons depuis 10 ans et avons chacun notre maison, lui à la campagne et moi en banlieu de Montréal. Les fins de semaine quand nous nous retrouvons, c'est toujours comme une lune de miel. Nous sommes très bien comme cela, chacun vaquant à ses activités respectives la semaine et les fins de semaine ou pendant les vacances nous faisons des choses que nous apprécions tous les deux.

  • HÉLÈNE - 12 janvier 2010

    Historique: moi, 1 fille de 15 ans, lui, 2 garçons 15 et 17 ans. Nous décidons de vivre ensemble. Cela a duré 5 ans car je ne pouvais plus supporter un des ses garçons. Les débuts chacun chez soi ont été difficiles car j'étais quand même habituée à sa présence dans notre lit à tous les soirs. Aujourd'hui, je trouve cela toujours difficile car nous nous aimons, mais partir a été salutaire pour notre couple. Nous sommes ensemble les fins de semaine. J'ai beaucoup plus d'activités qu'avant. Souper de filles, yoga et même un cours à l'université. Je vis moins bien qu'avant mais je suis plus épanouie. J'ai confiance qu'un jour nous serons réunis à nouveau.

  • DIANE - 28 mars 2009

    LA SITUATION RÊVÉE CAR RECOMMENCER UNE RELATION APRÈS 50 ANS N EST PAS FACILE POUR LES DEUX. CAR ONT A TROP DE SOUVENIRS ET NOUS SOMMES PORTÉS A COMPARÉS EN VIVANTS ENSEMBLE 24 HEURES PAR JOUR

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