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Jeudi soir, 18 h, dans une salle du YMCA. Une vingtaine de personnes font des mouvements de gymnastique faciale et quelques exercices pour la nuque et les genoux. Ils sont en pleine séance de réchauffement avant que ne débute leur entraînement... au rire! Et ça n’a rien d’une blague. Pendant une heure, guidés par leur animatrice, Marcelle Hardy, il vont s’adonner à divers exercices de rire, en alternance avec des périodes de récupération. Le but? Rire, tout simplement rire. Bienvenue au Club de rire de Québec!
S’entraîner à rire
La scène se déroule dans la vieille Capitale, mais elle aurait pu se dérouler ailleurs au Québec et dans le monde : il existe plusieurs milliers de clubs de rire (5 000 ou 8 000, selon les sources) sur la planète. Se réunir, une fois par semaine, pour rire tout son saoul grâce à des techniques respiratoires, voilà en gros le programme de ces clubs. L’idée vous semble saugrenue? Détrompez-vous! D’imminents neurologues, psychologues et spécialistes de tous horizons sont unanimes sur les vertus thérapeutiques et préventives du rire. C’est même un médecin qui a fondé le premier club de rire.
En 1995, alors médecin généraliste à Bombay, le Dr Manda Kataria constate que ceux parmi ses patients qui ont le rire facile gardent un meilleur moral, font montre d’une plus grande résistance et requièrent moins de médicaments que ceux qui ont la mine plus triste. Comme il sait que les habitants des villes, stressés et occupés, ont peu d’occasions de rire, il tente une expérience. Dans un parc de la ville, il invite les passants à écouter ses histoires drôles. Le rendez-vous devient un rituel pour plusieurs citadins, mais rapidement, le Dr Kataria constate que ses blagues ne sont pas adéquates car elles induisent un rire cérébral, elles ne sont pas toujours comprises et elles ne font pas rire tout le monde. En quelques mois, inspiré par les travaux de nombreux chercheurs sur la question, il jette les bases du yoga du rire et lance le premier club de rire dont les activités s’articulent autour des principes du Rire sans raison.
«C’est tout l’intérêt de cette technique, explique Marcelle Hardy. Pour s’adonner au rire en groupe, ou même individuel, il n’est pas nécessaire d’avoir le sens de l’humour, ni d’avoir une raison de rire ni même d’être heureux. Le but des exercices est d’induire un rire, qui est bien sûr forcé au départ, mais qui devient rapidement authentique. L’effet d’entraînement du groupe et la nature des exercices favorisent cela. Nous induisons différents types de rire pour stimuler tous les muscles rieurs et provoquer des rires de divers niveaux.»