- Photo Source:
- © JupiterImages Corporation
Vieillir ne veut donc pas dire renoncer à toute forme de vie sexuelle. Au contraire, la libido reste active tout au long de la vie, sauf qu’elle ralentit, comme la vitesse à laquelle on marche. Il est rare qu’à 62 ans on puisse – ou même que l’on ait envie – de faire l’amour trois fois de suite en une heure, comme à 24 ans. Or, ce ralentissement inquiète plusieurs personnes vieillissantes. Elles ne savent pas ce qui est normal, ce qui ne l’est pas. «Elles ont souvent besoin d’être rassurées et informées», explique le Dr Pierre Alarie.
Par contre, plusieurs maladies, comme l’asthme, le diabète, l’hypertension, les troubles cardiaques, les maladies rénales, hépatiques et endocriniennes, l’alcoolisme, certains médicaments et quelques chirurgies (de type neurochirurgicales, de la prostate et des ablations génitales) ont une incidence sur la vie sexuelle. Plusieurs troubles sexuels trouvent leur origine dans des états physiologiques. Ménopause et andropause, réputés être des « casseux de party » qui font chuter le désir, constituent de bons exemples. «Bref, les dysfonctions sexuelles sont parfois le reflet d’importants problèmes médicaux», ajoute le Dr Alarie. Le médecin fait parfois d’une pierre deux coups: par exemple, en révélant un diabète et en le soignant, il contribue à rétablir un climat devenu morose dans la chambre à coucher.
Un réseau à votre service
Le temps était venu, donc, d’associer sexualité et médecine. Le RMSQ, qui existe depuis 2004, reflète cette évolution des mentalités et des connaissances. Dans ce réseau actuellement fort de 78 membres, essentiellement des professionnels de la santé (omnipraticiens, cardiologues, dermatologues, endocrinologues, gynécologues, gastro-entérologue, interniste, psychiatre, rhumatologue, psychologues et sexologues cliniciens, urologues et spécialiste en médecine vasculaire), la table est mise pour une prise en charge efficace de tout problème de santé affectant la sexualité.
En termes clairs, cela veut dire que si un psychologue, un sexologue, un omnipraticien ou tout autre professionnel de la santé apprend que vous souffrez d’un problème de nature sexuelle, il peut désormais vous diriger vers des confrères et consœurs membres du RMSQ, forts d’une formation spécifique en médecine sexuelle, c’est-à-dire combinant médecine et sexualité, plutôt que vers n’importe quel urologue ou cardiologue. C’est à cette enseigne que l’on trouve réponse à ses questions et, surtout, des solutions.
Ces solutions peuvent être de nature psychosexuelle, c’est-à-dire une thérapie sexuelle étalée sur quelques semaines ou quelques mois, selon le cas. Elles peuvent également se révéler de nature physique, par exemple l’ordonnance de certains médicaments. Il peut s’agir de médicaments qui soulagent directement un problème de nature sexuelle, par exemple capables de redonner une érection (le célèbre Viagra), ou encore qui soulagent les symptômes de nature sexuelle associés à un état (andropause, ménopause) ou à une maladie (diabète, hypertension, etc.). «Nous avons toujours des solutions pour les gens qui veulent», précise le psychologue Richard Villeneuve. Il arrive que la solution soit mixte, c’est-à-dire thérapie psychosexuelle jumelée aux médicaments. Et si la solution passe par le conjoint, il faut bien sûr que cette personne l’accepte.
Si vous désirez consulter un professionnel du Réseau de médecine sexuelle du Québec, visitez le www.rmsq.com et cliquez sur l’onglet Répertoire des membres. Il s’en trouve dans plusieurs régions du Québec.