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À l’Organisation mondiale de la santé (OMS), on estime que santé sexuelle est incompatible avec toute inhibition, trouble, déficience ou maladie qui réduisent la fonction sexuelle. Puisque la vénérable institution soutient que satisfaction et plaisir sexuels constituent des composantes fondamentales du bien-être, elle trouve indispensable de les faire connaître et de les promouvoir.
Mais la réalité n’est pas aussi romantique. Tant de personnes souffrent de troubles sexuels qu’il est devenu nécessaire que le corps médical s’occupe d’elles. «Les problèmes de nature sexuelle créent de la détresse aussi bien chez la personne qui en souffre que chez le conjoint ou la conjointe. C’est cette détresse qui, un jour, pousse l’un ou l’autre à consulter», précise Pierre Alarie, médecin et sexologue, président et cofondateur du Réseau de médecine sexuelle du Québec (RMSQ), chercheur et coordonnateur de l’unité des dysfonctions sexuelles du CHUM.
Quelques chiffres
Autour de nous, environ 1 femme sur 3 connaît un désir en chute libre, 1 sur 4 éprouve un trouble de l’orgasme et 1 sur 5 souffre d’un trouble de l’excitation sexuelle; 1 homme sur 3 environ éjacule trop vite tandis que 1 sur 10 éprouve ou bien des troubles de l’orgasme ou bien une érection mitigée ou difficile. Et c’est sans compter la douleur associée aux relations sexuelles, un problème fréquent chez les femmes. Il y a 50 ans, au Québec, personne ne se formalisait de laisser ses orgasmes dans le placard. L’Église avait oblitéré cette composante de la vie humaine. Aujourd’hui, au contraire, personne ne veut d’une sexualité qui bat de l’aile ou qui sommeille.