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Portrait de la «génération sandwich»

Ils ont entre 45 et 64 ans, vivent avec des enfants qui sont toujours à charge et s'occupent d'un parent âgé: ces gens composent la «génération sandwich».

Par Marie-Josée Lacroix

Portrait de la «génération sandwich»
Photo Source:
© Istockphoto.com
Génération sandwich : ce surnom imagé, que l'on employait déjà au Japon dans les années 1960, s'appliquait en 2002 à quelque 712 000 Canadiens, selon Statistique Canada. Ce nombre relativement peu élevé gonfle rapidement si l’on élargit la définition en ajoutant les enfants «Tanguy», qui ne viennent plus à bout de partir de la maison, et ceux qui reviennent vivre chez leurs parents et se font vivre par eux, quelquefois avec leurs propres enfants, donnant ainsi naissance à… la «génération club-sandwich» !

Il n'y a pas si longtemps, il n'était pas rare de voir cohabiter trois générations sous un même toit; la grande différence, aujourd'hui, tient à ce que la femme occupe un emploi. Problèmes à l'horizon… Selon Linda, qui a vécu cette situation, «c'est un peu rock and roll» ! Doux euphémisme…

Quand ça craquelle
Plus le nombre d'heures consacrées aux soins du parent est élevé, plus les aidants se fragilisent. L'enquête menée par Statistique Canada précise que les personnes prodiguant les soins personnels, qualifiés de soins à «forte densité», sont plus souvent susceptibles d'en subir des effets négatifs sur leur santé, leur couple, leur vie sociale et leur travail. Linda, divorcée, qui avait accueilli chez elle sa mère atteinte de cancer, le confirme : «On oublie les sorties, on perd des amis… La vie change complètement.»

Ces aidants devront aussi, bien souvent, réorganiser ou réduire leurs heures de travail, refuser une promotion, subir une baisse de revenus. Lise Lachance, psychologue et professeure à l'Université du Québec à Chicoutimi, a mené une recherche sur la «génération sandwich» auprès d'aidants à temps plein. Surprise, elle n'a toutefois relevé que peu de problèmes de conciliation travail-famille. «Pour plusieurs, le travail est vu comme un répit. Encore faut-il arriver à maintenir le tout : famille, soins, travail, finances. Quand la pression s'installera vraiment, plusieurs quitteront leur travail», remarque-t-elle.

À l'inverse, certains ne pourront pas le faire, pour des raisons financières. Le Dr Robert Labine, psychiatre, apporte en exemple le cas classique du couple dans la cinquantaine, heureux de pouvoir profiter de la vie à deux, maintenant que les enfants sont partis. «Mais voilà qu'un parent devient veuf ou veuve, ou est atteint d'Alzheimer, et que l'un des enfants divorce et revient à la maison, souvent avec un ou des enfants. Adieu la retraite prochaine, bonjour le stress !»

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