Francis Renaud peut en témoigner. L’homme de 54 ans est convaincu que le yoga l’a grandement aidé. Souffrant de maux de dos, ce massothérapeute de la Rive-Sud s’est inscrit à des cours de yoga il y a deux ans. «J’ai fait une hernie discale et le yoga m’a permis de récupérer plus rapidement. Après seulement un mois de convalescence, j’étais de retour au travail !», s’exclame un Francis épaté, qui pratique ses postures et la méditation pendant une heure tous les jours de la semaine. Il croit que le yoga aide à voir la vie du bon côté. «À 50 ans, on remet souvent bien des choses en question : famille, boulot, vie spirituelle… Est-ce la peur de vieillir ? Le yoga permet de prendre conscience de son corps, du moment présent, et de mieux gérer ses tensions», soutient-il.
Son de cloche médical
La médecine moderne reconnaît les bénéfices physiques et psychologiques de cette discipline. Des études ont récemment démontré que le yoga diminuait les risques de malaises cardiaques, les symptômes de la ménopause, les douleurs arthritiques et aidait à réduire le stress, l’anxiété ainsi que les troubles obsessionnels.
«Au-delà des postures, le yoga allie le corps, l’esprit et l’âme. Il favorise une meilleure circulation de l’énergie dans le corps, permet de réapprendre à bouger, à respirer, à se retrouver… et, ultimement, il permet de calmer l’agitation intérieure et, par conséquent, de prendre de meilleures décisions», indique Lyne St-Roch, professeure et propriétaire d’un studio de yoga, à Montréal.
Qui pratique le yoga ?
Le yoga tarde malgré tout à se faire une place dans la société. «C’est à cause des nombreuses idées préconçues. Plusieurs associent le yoga à une religion, voire à une secte parce que l’activité découle de l’hindouisme», explique Nicole Bordeleau, professeure et copropriétaire de l’école Yoga Monde, à Ville Sainte-Catherine. Plusieurs croient également qu’il s’agit d’exercices qui exigent trop de souplesse pour eux, qu’il faut être végétarien pour les pratiquer, que c’est juste bon pour les hippies ou encore pour… les femmes !
De nombreux athlètes amateurs et professionnels qui ont intégré le yoga à leur entraînement viennent démentir ce préjugé. Dans Real Men Do Yoga, de John Capouya (Health Communications inc., Deerfield Beach, Floride, 196 p., 19,95 $, en anglais seulement), le joueur de football Eddie George témoigne que le yoga l’a aidé à mieux prévenir les blessures et à augmenter sa force musculaire, particulièrement celle des membres supérieurs. D’autres athlètes, comme le joueur de golf David Duval et le nageur australien Ian Thorpe, champion du monde et champion olympique, ont, eux aussi, introduit le yoga dans leur entraînement quotidien. Même l’ex-joueur de hockey du Canadien de Montréal, Stéphane Quintal, a fait appel au yoga afin de mieux récupérer après sa dernière blessure à la hanche.