Au moment de prendre sa retraite, on doit répartir son épargne dans trois paniers, conseille Gaétan Veillette. «Dans le premier panier, il faut mettre l’équivalent de deux années de revenus dans des placements sûrs, pour les besoins à court terme. Dans le second, on met les provisions dont on aura besoin au bout de trois à cinq ans. Ce montant peut être placé dans des actions privilégiées et dans des titres valeurs. Et dans le troisième, les placements à long terme investis à la Bourse», explique le planificateur financier du Groupe Investors. C’est là une autre façon de concevoir la répartition d’actifs.
Les gens dont le premier panier était bien garni ont moins souffert de la chute des cours boursiers. «Ces liquidités leur donnent plus de temps pour profiter d’un rebond des marchés», dit Hélène Bronsard, planificatrice financière et vice-présidente de Raymond Chabot Gestion privée. Les plus touchés sont ceux qui devront vendre des titres (actions, parts de fonds commun) à perte pour faire face au coût de la vie.
Quelle que soit leur exposition au marché boursier, beaucoup d’investisseurs ressentent une forte envie de se réfugier dans des placements financiers sûrs. Mais selon Hélène Gagné, trois risques guettent notre capital de retraite: les marchés financiers, l’inflation et la longévité. «On peut éliminer le premier en optant pour des placements garantis, dit-elle. Mais on sera alors plus exposé aux deux autres risques, qui sont plus sournois.» En vous réfugiant dans des titres sûrs, vous cristalliserez vos pertes, et vos nouveaux placements ne vous offriront pas des rendements qui vous assureront un revenu suffisant à la retraite.
Les conseillers financiers suggèrent donc de procéder à un rééquilibrage de votre portefeuille. C’est le moment de redonner à votre portefeuille la répartition d’actifs que vous aviez déterminée avant la tempête boursière.